Oestre – La Dernière Renaissance (Album)

Publié: 12 août 2014 par F4R537KTP09 dans Chroniques Albums
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La dernière renaissance coverL’aventure commence en 2003 à Limoges pour Oestre, sous sa première formation. Fermement décidés à faire quelque chose de tant soit peu innovant, ses membres décident de composer en associant l’Indus au Hardcore, en intégrant des styles plus modernes comme le Math-core ou le Djent. Le résultat peu surprendre. De fil en aiguille, le groupe parvient à sortir trois démos et un album, accompagnés de moults dates, plus ou moins en très bonne compagnie (avec entre autres, Gojira), avant de rencontrer quelques problèmes internes et de faire une pause dans sa carrière. La pause s’arrêtera en 2012 qui voit sortir le deuxième album, Catharsis, avant d’enchaîner plus récemment avec leur troisième opus, La Dernière Renaissance, opus que nous allons chroniquer aujourd’hui afin de vous le faire découvrir.

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Date de sortie : 18 janvier 2014 - Genre : Death, Indus, Djent, Math-core

Date de sortie : 18 janvier 2014 – Genre : Death, Indus, Djent, Math-core

Commençons par l’artwork avec la pochette du disque. De prime abord, l’illustration n’est pas très engageante. Il y a pourtant du travail derrière. L’image n’est pas très compréhensible : une statue grecque auréolée de feu ? Un médaillon retravaillé ? Nous apercevons un engrenage dans le fond que nous retrouvons à l’arrière de la pochette. Un œil sur le torse de la statue, rose sur fond violacé et sombre, achève de nous rendre perplexe. Le nom du groupe est là, le titre de l’album aussi. Nous allons donc essayer de comprendre de quoi il s’agit en écoutant le disque. Dès le début de l’écoute, nous sommes retrouvons un peu gênés par la qualité du son. Si les samples et autres sons d’origines électroniques sont très clairs et audibles quand ils sont seuls, l’ensemble est assez chaotique, finalement. Entre les sons de synthés, les guitares, la basse, la batterie et le chant, il est difficile de distinguer chacun à sa place. L’impression est un peu désagréable, comme une cacophonie de laquelle nous devrions faire un réel effort pour bien entendre l’ensemble et repérer qui fait quoi. Par exemple, difficile d’isoler les deux guitares. La basse est étouffée et semble un peu en retrait. Le chant est au même niveau que les guitares et on le distingue bien de par sa ligne particulière. La batterie accompagne mais semble également noyée dans la masse sonore un peu trop compacte. Pour finir, l’égalisation est très orientée medium, medium-aigu, manquant d’un peu de basse, de corps mais aussi de présence, parfois. Il s’agit pourtant de l’album le mieux enregistré d’Oestre, ce que nous trouvons dommage tant ce son qui n’est pas si mauvais, ni vraiment bon, dessert la composition. Il nous faudra donc jouer de notre égaliseur, sans forcément parvenir au réglage magique. Car si nous décrions et décrivons le son de manière négative, c’est parce que les compositions sont bonnes et auraient réellement mérité mieux.

D’un bout à l’autre du disque, nous sommes emportés par un flot de violence, de rythmiques saccadées, de mélodies originales, de bruit et de fureur. Le chanteur nous envoie en pleine face un bon gros growl, relativement monotone, dans une veine Hardcore sans concession qui se rapproche, et pas qu’un petit peu, du timbre de voix de Jens Kidman (chanteur de Meshuggah). L’intégralité des textes est en français, plus ou moins compréhensible, mais cela passe tout seul et ne choque pas. Les parties plus aériennes et/ou claires seront appréciées comme des entractes nécessaires entre deux scènes de violences bien comme il faut. Tout le monde n’appréciera pas non plus les incursions électro, mais c’est un choix qui peut se défendre et qui apporte bien son petit quelque chose au tout, ainsi qu’une partie de la personnalité du groupe. Dans cette personnalité particulière, ce que nous avons aussi trouvé appréciable est, de morceau en morceau, des bribes de mélodies, des successions de notes qui reviennent çà et là comme des rappels. Comme l’apparition de la trame logique liant chaque partie au tout. L’ensemble est de fait très cohérent et l’évolution musicale du début à la fin est perceptible. La preuve du talent des musiciens n’est plus à faire. La technique est là, main dans la main avec la musicalité et c’est tout ce qu’il fallait.

Alors qu’en est-il ? Certes, le son pourra en décourager quelques-uns et il nécessitera un réglage ou une accoutumance, mais nous prions tout le monde de bien vouloir passer outre ce détail, tout gros qu’il puisse être, car le groupe mérite véritablement votre oreille. Disons juste que la qualité d’enregistrement s’améliore de disque en disque et que, s’il est déjà audible ici quoi qu’imparfait, il saura être encore mieux la prochaine fois. Et puis, cela nous donne un très bon prétexte pour aller les voir sur scène car, de ce que nous avons entendu ici, cela doit être un carnage total. Il ne faut donc pas rester sur une mauvaise impression. Ce qui compte, c’est la musique. Le moyen d’y accéder a son importance, mais ne perdons pas de vue le principal. Ce groupe et ces musiciens donnent tout et produisent une musique de qualité. Il serait dommage de passer à côté de cela.

Pour clore cette chronique, un petit point culturel que vous pourrez vous permettre d’ignorer sans problème. Pourquoi l’album s’appelle-t-il La Dernière Renaissance ? Un indice nous est laissé sur la piste 7 avec le titre Palbe (La Dernière Renaissance). En nous penchant sur la question, nous découvrons que le palbe est un symbole tibétain : le nœud sans fin. Il symbolise autant l’éternité que la vie infinie. Nous pourrions ainsi dire que la dernière renaissance n’est pas l’ultime, mais plutôt la plus récente. D’une certaine manière, cela relie aussi le nom du groupe. Un œstre est une espèce de mouche assez ennuyeuse pour le bétail, vecteur d’une maladie (myase) qui, sans être grave, déprécie les peaux. Ce qui nous intéresse est plutôt son cycle de reproduction. Les œufs sont déposés sur les poils des animaux (souvent des herbivores). Les larves naissent ainsi et en s’agitant, démange l’animal qui se gratte comme il peut, donc plutôt avec ses dents, et les ingère. Les larves se développent alors dans le système digestif de l’animal avant de sortir par les voies naturelles via les excréments. Puis de pondre à nouveau sur les poils d’un animal, etc… Ce qui rejoint un peu cette idée de cycle sans fin, de palbe et de renaissance. Pour dire que l’idée derrière le nom de l’album fut quand même bien pensée, en plus.

F4R537KTP09

Line-up :

  • Mathieu Delcourt : guitare, programmation
  • Mickaël Ratinaud : chant
  • Romain Delettre : guitare et effets
  • Maxime Lathière : batterie et programmation

Tracklist :

1. De l’atome à la lumière

2. Patient zéro

3. La sculpture de soi

4. Memento

5. Des sirènes et des bombes

6. Fragments oniriques

7. Palbe (la dernière renaissance)

8. Interlude

9. Le théorème de Moebius

https://oestre.bandcamp.com/album/la-derni-re-renaissance

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