_DSC5816Après un concert des Sales Majestés en Ardèche et une courte nuit, me voilà en route pour le Glitchfest, à Chaponost, un village proche de Lyon. Organisé par  » The Altaïre Agency« , ce festival est à « participation libre », comprenez : vous donnez ce que vous souhaitez. Un festival aux accents très « core » car ce ne sont  pas moins de douze groupes de Hardcore, Metalcore et Djent qui vont se succéder au cours de ce samedi ! Après un peu moins d’une heure de route, nous voilà arrivés sur les lieux. Le festival se déroulera en intérieur, dans la salle des fêtes du village. Après avoir salué quelques tête connues,  il est déjà 15h et le premier groupe de la journée commence sont concert.

_DSC5422Rising Blood

Le groupe de Hardcore lyonnais est déjà en place depuis environ une minute quand j’arrive dans la salle, équipée d’une scène assez conséquente. Le groupe bénéficie de vingt minutes pour mettre l’ambiance. Autant vous dire que vingt minutes, ça passe très vite et pour un groupe d’ouverture de festival, la tâche est d’autant plus difficile car beaucoup de monde viendront pour tel ou tel groupe. Cet argument n’est cependant pas une excuse pour faire dans la demi-mesure et les Lyonnais de Rising Blood l’ont bien compris. Devant un public clairsemé, ils envoient leur Hardcore teinté de Metal de belle manière car ils n’ont que très peu de temps pour nous faire bouger et transpirer. Au niveau du public, c’est assez timide car à part quelques têtes qui hochent par-ci par-là, il n’y a pas vraiment de mouvement. Par contre sur scène, ça transpire, ça bouge, ça saute ! Nous pourrons noter que Raphaël (chant) est très en voix car, même si ses parties vocales ne sont pas extraordinaires, elles sont bien exécutées. Les autres musiciens ne sont pas en reste, guitaristes, bassiste, tout le monde se fait plaisir. Même le cogneur Pierre, caché derrière son kit de batterie, arbore un joli sourire. Les vingt minutes passées, il est l’heure de quitter la scène. Pour le public, un léger sentiment de frustration se fait ressentir car le groupe était bon et nous en aurions pris un peu plus. Mais rappelez-vous, aujourd’hui c’est un « core-athlon » auquel nous assistons.

Une fois le set de Rising blood terminé, nous quittons la salle pour nous rendre à la buvette. La configuration des lieux est faite de façon à ce que les sondiers puissent préparer les changements de plateaux le plus rapidement possible. Même si certains, dont votre serviteur, auraient préféré une buvette à l’intérieur avec un backsound, nous nous contenterons de cette configuration qui permet aussi de fumer sa cigarette entre les concerts, sans être obligés de quitter les lieux pendant une prestation. Moins de quinze minutes plus tard, quelques notes de guitares bien grasses raisonnent, ce qui nous attirent vers elles.

_DSC5453Bounty hunter

Pour vous poser le tableau, Bounty Hunter évolue dans un registre « extrême ». Entendez par là qu’ils font du Grind. C’est sur cette grande scène que les Lyonnais de Bounty Hunter font cracher leurs décibels sur fond de bonne humeur. Au niveau technique, nous avons face à nous un groupe de Grind, autant vous dire que ça joue vite, très vite et très fort. Des morceaux typiquement Grind qui ne durent pas longtemps et qui s’enchaînent rapidement avec quand même quelques interludes de « déconne » qui donnent lieu à des lancers de rouleaux de papier hygiénique. Tous les membres du groupes ont l’air de s’amuser. En ce qui concerne le public, c’est pareil : ça rigole et fait des grimaces, l’osmose naît. Une chose que je relèverais, ce sont les pig squeal (gruiks) du chanteur qui sont malheureusement pas tous au même niveau. Autant par moment c’est strident et gras, autant parfois il a l’air un peu juste mais cela reste un détail car tout le monde s’amuse. Il est pas encore 16h et certains sont déjà en train de se défouler. Ça promet pour la suite !

The Walking Dead Orchestra

_DSC5481Ce groupe doit vous dire quelque chose, ne serait-ce que de nom car ces Grenoblois évoluant dans un Deathcore surfent sur une notoriété naissante. Au vu du public présent cet après midi, il est presque certain que The Walking Dead Orchestra est le « premier » groupe attendu. Ce dernier attaque directement avec un gros son et un jeu à grande vitesse. Florian, le chanteur du groupe, à l’air en pleine forme. Le combo évoluant dans un style très « à la mode » à l’heure actuelle, il est donc de son devoir de se démarquer. C’est chose faite, autant au niveau composition des titres que de la prestation scénique. The Walking Dead Orchestra bénéficie d’un très bon son et d’un beau jeu de lumières, ce qui a pour effet de faire bouger un peu plus le public. Sur scène, c’est carré techniquement. Les Grenoblois évitent judicieusement les clichés du Deathcore qui veut que ça déborde de breakdown. Certes, il y en a mais ils sont bien placés et sont le plus souvent imprévisibles. Plus le set se déroule, plus nous avons devant nous un groupe de qualité. Les vingt minutes qui leurs sont allouées passent d’une seule traite. Il est certain que The Walking Dead Orchestra vient d’augmenter d’un cran le niveau du festival. Un groupe à revoir dans d’autres conditions et avec un set plus long.

_DSC5526It Came From Beneath

Nous voilà avec un autre groupe de Deathcore. Après la prestation de The Walking Dead Orcheestra, l’ambiance est posée. Malgré une bonne prestation dans l’ensemble, le show de ces Lyonnais n’arrive malheureusement pas à faire plus évoluer la qualité de ce festival. Loin d’être mauvais, leur prestation reste basique et sans réelle surprise. Après, tout est relatif et il faut avouer que durant un festival, il y a obligatoirement quelques déceptions. Les membres du groupe sont assez mobiles et exécutent bien leur show. Au niveau visuel, tous les codes du Hardcore sont présents, maillot de basketteur américains, casquette vissée sur la tête, tatouages à outrance. Sans vraiment être une déception, c’est une performance sans surprise à laquelle nous assistons. Groupe à revoir dans d’autres conditions pour se faire un véritable avis.

Showyourtheeth

C’est au tour des Autrichiens de Showyourtheeth de venir sur scène. Pour être franc avec vous, je ne dirais pas grand chose sur leur prestation. Car si It Came From Beneath_DSC5566 n’était pas une déception à proprement parler, la venue de Showyourtheet restera anecdotique. Étant dans la salle dès les première notes, les minutes défilent et je ne sens pas l’alchimie se produire. Rappelez-vous qu’à ce moment du running order, les groupes bénéficient de peu de temps et en l’occurrence pour le set de Showyourtheeth, c’est vingt-cinq minutes. Donc je n’en parlerais pas davantage, n’ayant pas plus apprécié que ça le show.

Changement de plateau et début des problèmes techniques pour la buvette. Nous n’allons pas nous étendre sur le sujet mais la tireuse à bière a un problème et nous sert des verres remplis de mousse (comprendre la forme physique et non le surnom d’une bière). Cela occasionnera une longue file d’attente pour être servi. Entre temps, nous en profitons pour rejoindre la salle et attendre les Suisses de Make Me A Donut.

_DSC5592Make Me A Donut

Make Me A Donut était un groupe que j’attendais avec impatience car, il est vrai que si leur style « Djent » passe plutôt bien sur cd, l’exercice live est une autre histoire. Dès le début, le groupe bénéficie d’un excellent son. Tous les instruments sont totalement audibles. Pour le moment, toutes les conditions sont réunies pour nous en mettre plein les oreilles. La voix du chanteur tranche bien dans la sonorité des riffs rebondissants des guitares, le son est froid et chirurgical. Seulement, le bât blesse quand le chanteur quitte la scène, laissant la place aux musiciens pour un passage instrumental. Autant un petit interlude instrumental dans un set passe complètement mais là, pour le coup, son absence s’éternise, sachant le court laps de temps que bénéficie chaque groupe. Cela se fait grandement ressentir au niveau de l’auditoire. Certes, les moshers du début sont bien plus calmes mais une partie du public se lasse de voir le groupe sans son chanteur. Finalement, c’est un set qui avait bien commencé mais qui nous laisse bien trop un goût d’inachevé. Il s’agit de la première véritable déception du festival.

_DSC5816Changement de plateau. Toujours quelques déboires au niveau de la buvette, le sentiment d’énervement fait place à une sorte de pitié et nous compatissons au désespoir des barmen.
À notre retour dans la salle, nous nous rendons compte que nous pouvons maintenant entrer avec notre verre mais pas dans le pit, représenté par une surface de lino ou les moshers s’en donnent à cœur joie. Punching dancing, pompes, roue, fight dancing (ou tous les termes que vous souhaitez). Même une pyramide humaine sera tentée ou une chenille en mode « rameur » qui permet de  slammer.

_DSC5626Promethee

C’est encore des Suisses qui viennent prendre possession de la scène. Promethee est un groupe de Metal/Hardcore progressif pour faire compliqué. C’est surtout une machine à riff et à débauche d’énergie car si les Suisses ont une réputation de ne pas être nerveux, Promethee déroge à cette règle. Car ça riff dans tout les sens, ça bouge, ça hurle, ça chante juste ! Oui, parce que bouger comme ça, c’est bien mais il faut garder du souffle pour pouvoir s’exprimer. La fosse s’en donne à cœur joie et lance des circles pits, des séries de return kick mais tout cela dans le respect des autres. Les moshers présents ici ne cherchent pas à faire mal aux autres. Revenons-en à Promethee. Le groupe que nous avons en face de nous est là pour envoyer du lourd et il faut avouer que leur prestation relève encore une fois  le niveau du festival. Avec des breaks autant Hardcore que Thrash modern, nos amis suisses rallient à leurs cause une grande partie du public, allant même jusqu’à descendre dans la fosse pour être au plus près des fans. En bref, une belle claque. Un groupe à revoir sur scène !

Alea Jacta Est

_DSC5723C’est au tour des Toulousains d’Alea Jacta Est de venir détruire la scène car ce groupe de Hardcore est une réelle machine de guerre. Il est certain que beaucoup de spectateurs présents ce soir sont venus en partie pour eux car le pit devient une zone de danger. Les moshers se mettent carrément en rangée pour effectuer leurs chorégraphies. Sur scène, c’est un déluge de violence envers les instruments, les deux guitaristes Oliver et Julien s’acharnent sur leurs cordes. Derrière sa batterie, Eric fracasse littéralement ses fûts. Heureusement que le groupe bénéficie d’un son correct car avec autant d’énergie, il est facile de noyer les instruments dans un brouhaha inaudible. Ça ne sera pas le cas ce soir, même si le son est perfectible. Le public est complètement déchaîné, ça se saute dessus à chaque fois que Vincent approche son micro du bord de la scène. Chaque refrain est hurlé par les mêmes fans dans le public. Le groupe arbore un superbe sourire et a vraiment l’air de se faire plaisir avec ce public ! Si nous tendons un peu l’oreille, on peut relever que la basse étouffe un peu les autres instruments sur quelques passages. Mais là, franchement, avec cette énergie et cette puissance sur scène, on ne s’attardera pas sur ce détail. Alea Jacta Est n’a rien à envier à ses ainés américains car ce soir, c’est un show à l’américaine avec un public aussi chaud que celui que nous imaginons trouver dans les bas fonds de New York.

_DSC5761Vera Cruz

C’est au tour des Parisiens de Vera Cruz de venir faire vrombir leur Hardcore aux sonorités Punks et métalliques. Si Alea Jacta est nous avait essoré, les gaillards de Vera Cruz ne sont pas venus ici pour nous chanter une berceuse ! Le public est toujours dans une dynamique de débauche d’énergie mais il faut avouer que les heures passées à sauter partout se font ressentir. Les habitués du groupe remarqueront que le poste de bassiste n’est pas tenu par leur bassiste habituel. Le groupe est assez à l’aise, Thierry (chant) se permettra même quelques petits moments pour chambrer le public. Ce dernier ce fait de moins en moins réceptif à ces petites piques. Les titres défilent et Vera Cruz utilise plutôt bien les trente-cinq minutes qui leur sont allouées. On notera quand même quelques latences entre les morceaux. Puis vient les remerciements. Au moment ou Thierry annonce que le bassiste de ce soir à appris le set en seulement vingt-quatre heures. Une ovation se fait alors entendre.

Shoot The Girl First

_DSC5822Pour être franc, je ne connaissais pas ce groupe. C’est en étant tout à fait neutre que je m’empresses de voir la prestation de ce combo qui nous vient tout droit du sud de la France. Cannes, pour être exacte. Ce groupe est une déception ! Il n’est pas dans mes habitudes de casser un groupe mais là, je ne trouve rien qui me plaise. C’est surfait, pas toujours en place, le groupe dispose d’un synthé qui aurait pu donner de la valeur ajoutée au combo mais non, ça ne marche pas. Pour vous donner un exemple, Shoot The Girl First sont les dignes descendants de groupes dans la veine d‘Asking Alexandria ou Attack Attack avec un côté électro un peu trop prononcé. J’imagine bien que mes dires risquent de faire grincer des dents et me faire passer pour un vieux réac. Même en essayant un peu de rester, les compos sont largement trop prévisibles. Nous sentons arriver le chant clair popisant à deux kilomètres. Je n’en veux pas plus et par respect pour les musiciens, je ne fais pas l’hypocrite, ne manifeste aucun mécontentement et quitte la salle. Malheureusement pour eux, je ne suis pas le seul. Dans un festival, il en faut pour tout le monde.

_DSC5937As They Burn

Cette fois-ci, c’est au tour des Parisiens de As They Burn d’en découdre avec les survivants. Si nous avons vu au fil des heures des groupes plus ou moins bons voire même excellents, les gars de As They Burn vont surclasser le festival. Les musiciens jouent super bien, l’ambiance sur scène est électrique tout en donnant une impression malsaine et limite dérangeante. Mes membres du groupe ont l’air d’être possédés. Les titres s’enchaînent et le public se fait de plus en plus présent. Le son est d’une grande qualité. Nous avons face à nous un groupe en place et très à l’aise, évoluant dans un style à part entière entre Néo Metal, Thrash moderne et Metalcore. Une véritable tête d’affiche. Le public est partagé entre des moshers et des fans qui headbangue à tout va. C’est une déferlante de décibels qui accompagne la prestation scénique du groupe. La sueur est de mise autant dans le pit que sur scène. C’est la fin du festival et plus personne ne s’économise. Que dire de plus… As They Burn a prouvé une fois de plus que sa réputation n’est pas volée. Pour nous laisser encore une impression de froideur, le groupe achève son concert d’un coup sec, nous laissant tous pantois.
La grande classe, ce groupe.

C’est avec un sourire figé et des acouphènes que je quitte l’enceinte du Glitchfest. Nous ne manquerons pas de remercier The Altaïre Agency pour avoir organisé un tel événement. Un grand merci à tous les groupes présents. Malgré quelques approximations au niveau de l’organisation (mais pour un premier événement, nous n’en tiendrons pas rigueur), c’est une réussite ! En espérant un second épisode l’année prochaine. Je vous laisse finir avec Haja, présent jusqu’à la dernière minute et qui va vous parler de The Algorithm.

Mike

The Algorithm

The Algorithm termine donc ce festival dédié à la scène Hardcore. Si nous imaginions un univers lointain et futuriste, il faudrait incorporer la musique de ce groupe. Il s’agit d’un duo composé d’un DJ, Rémi Gallego, accompagné par son batteur Mike MalyanThe Algorithm, c’est de l’électro pur avec une sauce très épicée de Hardcore. L’installation du groupe est très rapide puisqu’il ne s’agit que d’une batterie et un set de DJ avec ce boitier électro qui fabrique des sons. Rémi Gallego est habillé en pyjama et en chaussettes puis commence son show accompagné de son batteur, exécutant des roulements à couper le souffle et des partitions pleines d’improvisations. Tout ce qui sort de The Algorithm est super amplifié que ça soit les aigus ou les basses et là où c’est impressionnant, c’est la mémoire de ce DJ qui découpe et recoupe les sons dans des compositions et arrangements dont on ne comprendrait jamais le sens. Combien même on n’aimerait pas ce style, il faut reconnaitre que son compositeur maîtrise son art à la perfection. Je suis néanmoins mitigé quant à la présence de ce duo dans ce festival.

Oui, c’est talentueux et même génialissime. Mais vu le nombre de groupes qui sont passés, est-ce qu’il y avait besoin de terminer par une telle conclusion ? À la limite, il aurait sans doute été plus judicieux de commencer par lui. Les spectateurs ont d’ailleurs commencé à quitter la salle dès l’installation du groupe et c’est devant un public clairsemé et déjà fatigué que The Algorithm clôt la soirée.

Haja

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