Stone Rising Festival, les 18 et 19 avril 2014 au Clacson (Oullins)

Publié: 28 avril 2014 par metalkouni dans Lives Reports
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_DSC5121C’est le 18 avril que commence le Stone Rising cuvée 2014. Il s’agit de la 2è édition du festival consacré au Stoner rock. Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est un genre de rock caractérisé par des rythmiques enivrantes plutôt simples et répétitives et joué avec des instruments aux sonorités très grasses et très rétro la plupart du temps. Allez faire un tour chez Black Sabbath ou Kyuss et vous aurez une petite idée de ce que c’est. La petite salle du Clacson, malgré les petits moyens que lui propose la ville, va devoir se dépasser et assumer le choix de sa programmation.

Premier jour, 18 avril

Je vois que le public est bien là malgré une météo qui aurait pu jouer des mauvais tours aux organisateurs. Le premier groupe qui passe est Datcha Mandala. Ce n’est jamais facile de démarrer un festival pour aucun groupe et bien évidemment, le public est encore très froid devant la prestation du trio pourtant très intéressante. Datcha Mandala, c’est un rock éclectique, très vivant, avec une présence scénique fort sympathique. Le chanteur, avec son  bandeau façon Keith Richards sur la tête, est très à l’aise sur scène et assène son rock n’roll au son coloré et aérien. Le public commence à goûter à son rock très généreux mais malheureusement, Datcha Mandala arrive sur la fin de son concert. On pourra néanmoins les retrouver sur leur dernier album Eden Sensuality. 

Datcha Mandala Datcha Mandala

Ensuite, c’est le tour de The Squared Circle. Rock expérimental, psychédélique, chanté de manière très sensuelle et franchement très enivrante. La formation va rapidement nous offrir un son très touchant, une musique intimiste et chaleureuse à la fois. The Squared Circle s’attarde sur chaque note, il aime murmurer sa musique. Il prend le temps de chanter et c’est comme ça que le groupe nous a pondu un album qui répond au doux nom de Smoking Heart. Avec eux, on ne gueule pas et on ne risque pas non plus de perdre ses clefs en pogotant partout dans une salle de concert. Il semblerait d’ailleurs qu’un nouvel Ep du groupe soit en route. Parmi les titres que j’ai particulièrement apprécié, il y a eu Overfloode, Fugazi, The Dust, Grey Eyes.

The Squarred Circle The Squarred Circle

La troisième prestation de ce soir, c’est Domadora. Encore un trio, mais cette fois-ci un trio qui va nous délivrer des morceaux fleuves frôlant parfois les dizaines de minutes. On aime ou on aime pas, ce qui est sûr c’est que sur chaque morceau, Belwill le guitariste va tous nous scalper par des soli très tranchants et d’une précision presque mathématique. Très influencé par Jimi Hendrix, il nous délivre un show de haute voltige qui frise la perfection. Impressionnant. Ayant fixé mon budget afin de ne pas ressortir de ce festival complètement ruiné, j’aurais quand même aimé obtenir leur dernier album Tibetan Monk dans lequel se trouve le titre The Oldest Man on the Left, un titre long de 13 minutes environ, très enivrant et magnifiquement arrangé. C’est très long mais quel plaisir d’avoir vu ce morceau en live.

Domadöra Domadöra

 La dernière formation de la soirée sera De Wolff. C’est le groupe qui remplace l’annulation de Blues Pills. De Wolff nous vient de Hollande. Très jeunes et très frais et donc forcément très « marketinable » (ils ont même des Converses au nom du groupe ), j’ai des doutes dès leur arrivée sur scène…  Le titre Evil Mother Grabber me laisse très perplexe, surtout qu’ayant visionné des extraits de leurs précédents concerts, je n’étais franchement pas emballé. Le chanteur Pablo Van de Poel arbore un look très Steevie Ray Vaughan et même s’il n’est pas encore à la hauteur de l’immense talent de ce dernier, il faut avouer que très vite il va faire monter l’ambiance par ses riffs grésillants et distordus ! Son jeune frère est à la batterie et contrairement à la plupart des batteurs de cette soirée, il est plus réfléchi, moins expressif mais néanmoins très talentueux. Celui qui va par contre mettre tout le monde d’accord est Robin Piso, l’organiste et apparemment bassiste gaucher du groupe. Il  m’a tout de suite fait penser à  Jon Lörd des Deep Purple par son talent. Et quel talent ! Ce jeune homme va vite se faire une place parmi les plus grands organistes de rock. Aussi majestueux que son orgue Hammond, Piso fait corps entièrement avec son instrument. Pendant toute la soirée, tout au long des titres de De Wolff,Robin Piso va se révéler être le maestro qui va retourner la salle du Clacson sens dessus-dessous, particulièrement sur Satilla n°3, Don’t you go up in the skyet Gold and Seeweed. Bravo aux organisateurs d’avoir su faire ce choix, même si l’annulation de Blues Pills reste une très grosse déception dans cette édition.

De Wolff De Wolff

De Wolff De Wolff

Deuxième jour, 19 avril

Le lendemain, je reviens et à ma grande surprise, le Stone Rising affiche sold out. Le succès de ce festival est confirmé et c’est bon signe pour l’avenir du Stoner Rock, en tout cas dans la ville de Lyon. Le premier groupe qui démarre la soirée, c’est Horta. Il s’agit d’un rock plutôt progressif, sans chant et des titres très longs. Le public est très curieux à l’écoute de ce rock très jazzy, où la moindre fausse note serait presque perçue comme un blasphème. L’énorme Fender Jazzbass du leader du groupe distille un son très élégant qui tranche avec le côté très « rock » des autres participants du Stone Rising.

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On enchaîne ensuite avec Brutus. Je ne connais pas beaucoup de titres de ce groupe mais le peu que j’ai écouté m’a beaucoup plu. C’est un des groupes que j’attendais le plus avec The Socks et De Wolff. Pour info, rappelons que Brutus est le fameux groupe qui a perdu tout son matériel et tout son merch dans un incendie l’année dernière. Pourtant, ils sont là ce soir et pleins de vie en plus. On leur souhaite beaucoup de blé pour se refaire une santé. Dès que le groupe monte sur scène, tout le public du Clacson s’engouffre dans la salle abandonnant les bières et les stands de merchs. Il faut savoir que lorsque Brutus monte sur scène, ils dégagent une grosse présence scénique qui va vite se transformer en magma de pur Desert Rock à l’ancienne. Brutus, avec sa bière à la main, va faire monter la température en un rien de temps. Le puzzle du succès est complet avec une voix old school de toute beauté, digne des plus belles années du Stoner, accompagnée par des arrangements limpides et mélodiques qui n’ont donné aucun répit au public. Bref, nous avons été conquis et ce fût là un des meilleurs moments de la soirée. Dès la fin du concert, je fonce voir le stand et je pique mon CD. Changement de décor complet.

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C’est au tour de Aqua Nebulla Oscillator (A.N.O).Si vous connaissez un peu le festival Burning Man au Nevada, alors vous pouvez commencer à imaginer le genre d’univers dans lequel A.N.O évolue. On oscille entre trip psychédélique et sorcellerie avec un fond musical complètement déjanté. Le ténébreux Sphaeros, leader vocal du groupe, s’impose tout naturellement en maître de cérémonie et avec ses musiciens, il va nous propager un son aussi mystérieux que le groupe lui-même. Comme son nom l’indique, le groupe utilise des oscillators mais aussi une guitare cithare, des petites percussions et d’autres instruments traditionnels. La formation démarre avec une mise en place très tronquée à la gauche de la scène et visuellement c’est très dérangeant mais il semble que c’est le style du groupe. Ensuite, Sphaeros commence des incantations chamaniques en brandissant un crâne voudou… Flippant. On aurait cru à une secte de vampires venus sucer le sang de tout le monde dans la salle. Aqua Nebulla Oscillator est un genre à part, il sied plus à mon avis à un public américain car sa musique est très (trop) mystique et complètement expérimentale. Le côté transcendantal de son art ne correspond pas forcément au public de la salle du Clacson. Néanmoins, on peut dire que A.N.O a apporté un côté très original et assez méconnu de ce style de musique, à savoir la recherche d’un son complètement original et un univers musical viscéralement morbide que vous pourrez découvrir dans leur dernier album qui s’intitule Spiritus Mundi.

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Ensuite, c’est au tour de The Socks. The Socks interprète un rock psyché très orienté The Doors, Deep Purple avec un son bien graisseux, bien dégueulasse, hyper rock et magistralement énergique. Ce sont des rockeurs, pas des métalleux. Du premier titre jusqu’au dernier, The Socks va injecter une grosse décharge électrique dans la salle. Mesdames et Messieurs, voici un groupe avec un chanteur doté d’une très belle signature vocale, un bassiste complètement déjanté armé de sa Rickenbacker 4001 et un batteur qui frappe à un rythme ébouriffant, répondant au surnom évocateur de Tornado. On peut dire avec assurance et fierté que la relève de la scène rock française est assurée. Ce soir là, le groupe a pleinement assumé sa place de tête d’affiche dans ce festival. Parmi les titres que nous avons le plus appréciés durant leur prestation, il y a eu Some kind of Sorcery, New kings, Electric War,  Gypsy lady, Red sun , Last dragon…

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Le dernier groupe de la soirée est Radio Moscow, en provenance de l’Iowa. Grosse claque aussi par cette formation qui nous donne l’impression que chaque membre du groupe est un pur génie dans son domaine. Riffs dévastateurs, basse et batterie  dantesques. Le seul bémol étant le guitariste qui casse et recasse sa corde pendant le concert et le temps qu’il a mis pour maugréer sur l’état de sa guitare aura brisé la trajectoire de la fusée Radio Moscow. Le titre que beaucoup attendent est Brain Cycles, un titre oscillant entre Garage Rock et Grunge. Les voir dans cette fameuse salle d’Oullins fut un vrai bonheur et c’est un beau cadeau que l’organisation nous fait.

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Pour conclure, on peut sans hésiter affirmer que le Stone Rising fut un succès total, tant par le professionnalisme des organisateurs que par le talent des participants. Une très bonne ambiance avec une programmation qui a su satisfaire tout le monde. On a aimé et nous avons hâte de revivre ça lors de la prochaine édition. Bravo au Stone Rising et merci au Clacson pour ce travail formidable sans qui nous aurions pu vivre ce merveilleux moment.

Notons au passage que la MjC d’Oullins souffre apparemment de difficultés structurelles et demande à la mairie pour 2014 les moyens financiers et matériels nécessaires à la poursuite de ses activités. On peut trouver une pétition de soutien sur le site http://www.mjc-oullins.com/ pour soutenir les doléances de la Mjc.
Voici le lien qui vous permettra de suivre chacun des groupes qui ont participé à cet évènement : https://www.facebook.com/stonerisingfestival

Haja

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