Demi-finales parisiennes du Headbang Contest 2014 à Paris, au Zèbre de Belleville les 7, 8 et 9 mars 2014

Publié: 2 avril 2014 par Eladan dans Lives Reports
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logoLe Headbang Contest, c’est le premier tremplin entièrement dédié au metal, un grand rassemblement de groupes de tous horizons et aux styles variés. Tous sont là en ayant un objectif : gagner la finale et jouer au Motocultor Festival ! Une seule place est disponible et la compétition est rude. Mais avant cela, il faut passer les demi-finales régionales, et c’est à ces sélections parisiennes que nous nous intéressons aujourd’hui.

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Vendredi 07 mars : Drunk Ducks + Back In Pain + Sliding Of Frequency + Enemy Of The Enemy + Except One

19h30 sur le boulevard de Belleville. Devant le Zèbre se trouvent déjà pêle-mêle des membres de groupe jouant le soir même avec leurs amis, des curieux venus jeter un œil pour un concert. L’ambiance est détendue et plutôt joyeuse. Les portes s’ouvrent et personne ne se presse, le concert ne commençant officiellement qu’à 20h. Certains finissent leur bière, d’autre une cigarette ou encore une conversation. A l’intérieur il reste quelques places assises (il y en a très peu). Quelques personnes sont proches du bar. Puis la salle se remplit un peu et les lumières s’éteignent.

Drunk Ducks

Drunck DucksLe groupe qui ouvre la soirée nous surprend de prime abord par son look. En effet, une fois la lumière rallumée, nous découvrons, amusés, les musiciens du quatuor, affublés qui de couettes, qui d’un chapeau étrange. Le guitariste-chanteur, Valentin, porte un débardeur moulant rose et des tongs. La couleur est annoncée d’emblée : ce groupe aime plaisanter. Et en effet, au cours du premier titre nous sommes gratifiés d’un court dialogue en voix de fausset entre les deux guitaristes. Le bassiste montre quant à lui son postérieur sous les incitations d’une partie du public que nous devinons le connaître. Le morceau sera volontairement interrompu plusieurs fois pour laisser place à d’autres dialogues plutôt surréalistes.

Nous rions un peu, puis les élastiques et chapeaux tombent, le débardeur et les tongs aussi et le groupe entame la partie plus sérieuse de son show, nous gratifiant d’un mix entre Heavy, Punk, Thrash et Death Metal. Les riffs sont lourds et parfois un peu répétitifs, mais toujours efficaces. Nous agitons la tête en rythme et suivons les canards sur leur territoire un poil déjanté. Les paroles, en français la plupart du temps, ne sont pas sans rappeler Ultra-Vomit ou Gronibard, ce que les amateurs sauront apprécier. On regrette que le son des guitares, s’il est audible et compréhensible, ne soit pas tout à fait clair, un problème dû à un surdosage probable de la saturation. La batterie et la basse sont cependant bien à leur place et le mix passe malgré tout. Valentin scande ses textes dans un registre qui nous évoque à la fois la chanson française et le Death, quand Adrien balance un growl bien gras et grave de temps à autre. En salle ça bouge bien, et même très bien : le pogo ne tarde pas et la sueur coule avant la fin du set. Si la salle n’est pas encore pleine, elle est cependant déjà bien remplie. Ce show, tout sympathique qu’il fut, manquait probablement juste d’un peu de mouvement et d’enthousiasme sur scène. Les musiciens font leur travail mais tentent seulement timidement de chauffer le publique, ce que nous regretterons. Malgré un certain stress apparent, la prestation est bonne et originale, et le groupe sera applaudi tout à fait correctement à la fin du set.

Setlist :

  • Intro : Au Clair De La Lune (revisité)
  • Dédicace
  • Déliverance
  • Grüh
  • Apocalystage
  • Going Mad
  • Die Bitch Die

Back In Pain

Back In PainLes Drunk Ducks débarrassent rapidement leur matériel et un nouveau groupe s’installe pendant qu’une musique d’ambiance meuble le silence. La plupart du public sort pour ne revenir qu’au début du premier morceau, ce qui sera le cas pratiquement à chaque changement de plateau. Le groupe commence fort, et nous nous retrouvons pris dans une vague sonore et musicale – le changement d’ambiance est immédiat. Back In Pain nous emmène dans un paysage Death Metal très mélodique intelligemment arrangé et contrôlé, le son est propre et la balance semble plus que correcte. Le chanteur, Alex, maîtrise un growl énervé plutôt dans les mediums qu’il alterne allègrement avec une voix claire et juste. L’ensemble est à la fois violent et subtil, les riffs sont fins et nous rappellent tantôt les groupes du Nord de l’Europe tantôt de bons vieux classiques du genre. Le groupe a cependant une personnalité affirmée. Le jeu de scène est à la hauteur, et le chanteur joue assez aisément avec son public. La réception du côté de ce dernier est plutôt bonne, même si le mouvement reste restreint. En effet, les agités du premier set semblent s’être évaporés. Il en reste toutefois quelques-uns et le reste de la salle est à l’écoute, sous le charme. La foule semble par ailleurs s’être densifiée, se déplacer à l’intérieur du Zèbre devenant plus difficile. Nous aurons en outre droit à quelques pogos et à un petit wall of death, mais pas de slam. Les morceaux passent rapidement et nous sommes surpris que ce set soit déjà terminé. Pour le coup, cela a paru un peu court. Si vous en avez l’occasion, il faut définitivement aller les voir sur scène.

Setlist :

• Self slaves
• Ain’t no fear
• Schizophrenia
• Warm night
• Lies

Sliding Of Frequency

Sliding Of FrequencyAprès la transition, nous retrouvons cinq gaillards pour envoyer du son. Comme précédemment, le public revient au cours du premier morceau. Nous sommes ici face à un groupe officiant dans un style métissé entre Death bien gras et Néo Metal acéré tout ce qu’il y a de plus réussi. Nous passons ainsi de riffs rapides à des passages plus lourds, mélanges de mélodies et dissonances bien placées, petites mises en place syncopées. Chacun des musiciens est précis et à l’écoute des autres. Les guitaristes ne remuent pas énormément, concentrés, mais le bassiste met un peu plus d’ambiance, assurant la base rythmique du groupe efficacement du fait de belles lignes qui enveloppent le reste agréablement. La musique est bonne, et l’une des plus agréables surprises est le charisme hors norme du chanteur, Florian. En effet, celui-ci se met en avant, bouge dans tous les sens et se paye le luxe de balancer un growl mélodique juste et très propre. Tous les musiciens passent un excellent moment et ça se voit, et surtout se ressent. La symbiose se crée et le public ne s’y trompe pas, le mouvement est amorcé dés le premier morceau et nous avons droit à un beau pogo. Florian tient la place de maître de la salle en organisant un peu la fureur du public entre circle pit, wall of death, accompagnement rythmique du groupe, beuglantes… Bref tout le monde en est et passe un concert mémorable. Que dire de plus ? Il ne faudra pas hésiter à passer les voir ou revoir. Pour notre part ce sera sans hésitation.

Setlist :

  • Intro
  • Earth Tremor
  • Instinct For Survival
  • My Friend
  • The Epicenter
  • Coward
  • The Apocalyptic End

Enemy Of The Enemy

Enemy Of The EnemyAprès les énervés précédents nous retrouvons un nouveau groupe ne comprenant qu’un guitariste. Force est de constater dès les premières notes que le son est plein, les mélodies recherchées et les riffs clairs et efficaces. Le style va du Hardcore au Death en passant par une bonne grosse base de Neo Metal. D’ailleurs en y regardant bien, le guitariste à des petits airs de Munky (James Shaffer, Korn – NDLR). Mais le mélange de ces divers styles, associé à la voix précise et agressive d’Adrian qui nous balance un growl medium de type Death bien envoyé, fait de Enemy Of The Enemy un de ces rares groupes qui ont su perpétuer le Néo Metal en le renouvelant. La guitare nous évoque tantôt du KoRn dernière mouture, du System Of A Down, du Tom Morello. Mais sur tous les groupes de la soirée, il s’agit bien de l’un des seuls guitaristes à avoir « osé » se faire un gros pedal-board et à avoir su l’exploiter tout en finesse, ni trop, ni trop peu, de sorte à créer des ambiances. Le bassiste et le batteur assurent quant à eux une section rythmique métronomique et musicale à la fois. Nous nous laissons emporter dans ces ambiances et par la qualité des compositions du groupe. Le seul bémol de ce bon moment que sera qu’une partie assez conséquente du public a quitté les lieux au moment de la transition entre les groupes, ce qui donne une impression d’ambiance « à la baisse », les plus agités s’étant volatilisés. La réception du public est néanmoins bonne et le groupe est lourdement applaudi, ce qui est amplement mérité au vu de l’énergie délivrée sur scène, avec un headbang qui fait honneur au nom du festival. Encore une très bonne découverte de notre côté.

Setlist :

  • Lost generation
  • Oh glory
  • This is a gift
  • Smooth pussy
  • No where
  • As the sun

Except One

Except OneLe dernier groupe de la soirée à prendre la scène d’assaut se contente également d’une seule guitare et est emmené par une chanteuse. Les musiciens sont assortis en couleurs, portant tous un débardeur noir et un treillis noir et blanc. Une particularité notable est qu’Estelle a décidé de chanter les pieds nus, après tout pourquoi pas ? Cela démontre qu’elle est à l’aise sur scène. Musicalement, le style est assez ouvert et brasse de larges influences allant du Punk jusqu’à du Death technique, ce qui augure d’une agréable surprise. Tout comme pour le groupe précédent, l’absence de deuxième guitariste n’a en rien entaché la performance, le groupe ayant composé intelligemment ses morceaux. Le son est bon, bien équilibré et agréable. Le guitariste et le bassiste bougent bien, et Estelle a un jeu de scène assez particulier caractérisé par des mouvements lents et amples, ponctués par des coups de nuque violents sur des reprises. Vocalement, elle balance un growl qui n’est pas sans évoquer le Black Metal et accompagne à merveille l’ambiance musicale délivrée par ailleurs. Un petit bémol à noter cependant sur la prestation globale, le niveau de la voix oscillant et semblant disparaître par moment dans le mix, sans que l’on sache vraiment pourquoi (problème technique ? Gestion du micro ?). Par ailleurs, si le growl était bon, la voix claire paraissait un peu « hors phase » et sonnait même parfois faux. Il faut reconnaître cependant que cela n’a pas gêné le concert, rares étant les passages en voix non saturée. Estelle n’a d’ailleurs pas hésité à descendre au milieu du public pour chanter. La bonne entente entre le guitariste et le bassiste nous a également fait bonne impression. Le public encore un peu plus rare que précédemment a su apprécier Except One, ce qui a valu au groupe un petit rappel.

Setlist :

  • Anymore
  • Vrijdag
  • Crystal Lake
  • Holy Night
  • Traviata
  • Cannibal Carnival
  • Spider Paradox
  • Eviscerate Your Idols
  • District Circus

La soirée s’est donc parfaitement déroulée, et la sélection nous a paru homogène et justifiée. Chaque groupe a montré de quoi il était capable. Cependant, difficile de dire à l’issue de ce concert qui sera sélectionné pour la finale. Rappelons que chaque soir, seuls deux groupes sur cinq seront choisi pour partir au Petit Bain pour la finale parisienne. Le public déserte assez rapidement la salle, il est 23H15. Nous reviendrons le lendemain pour la suite.

Samedi 8 mars : Human Fate + Mekaora + Dirty Milf + Sekhmet + Sins

Nous arrivons hâtivement à 20h pile en ce samedi, mais le premier groupe n’a pas encore commencé et la salle est encore loin d’être pleine, même si le public semble un peu plus nombreux que la veille. D’après les organisateurs, la soirée aura accueilli pas moins de 170 headbangers, démontrant de l’attrait de cet événement.

Human Fate

Human FateLa lumière se rallume doucement au son d’un sample planant qui se diffuse. L’ambiance est donnée, et nous constatons d’emblée que cette formation atypique ajoute à la composition « classique » du groupe de metal à deux guitaristes une musicienne, Sofia à gauche sur la scène, debout face à un ordinateur, avec un petit accordéon sur les épaules et deux percussions sur sa gauche. Le style est lui aussi atypique et évoque un Indus-World-Metal. Indus de par ses samples frisant parfois l’électro, World avec ses ambiances de musique du monde orientalisantes, et Metal tirant vers du Néo Metal et un soupçon de Death. L’ensemble est très mélodieux et sensuel, donnant toutefois lieu des incursions plus violentes. Sofia ajoute sa touche personnelle par des passages de voix claire sur certaines parties, comme une lamentation sur des mélodies mélancoliques. Léo envoie en contraste un growl énervé façon Wayne Static. L’ensemble est très cohérent, et le jeu de scène oscille également de façon bipolaire entre ces deux axes que sont la World Music calme et ambiante et une agitation quasi frénétique liée au Metal. Les musiciens sont parfaitement ensemble et carrés, et nous sommes ainsi aisément happés dans leur univers. Dans cette situation, pas étonnant que le public soit hésitant. Le groupe est cependant très bien reçu et acclamé. Le mixage était en outre très réussi, mais nous n’avons pas entendu le son de l’accordéon, et nous supposons donc qu’il a du être repris en midi et modifié en son de synthé. Si vous cherchez un groupe qui vous prendra au dépourvu et que vous êtes capable d’apprécier des ambiances World, vous ne devez surtout pas manquer Human Fate.

Mekaora

MekaoraAu retour de la désormais coutumière pause installation, nous sommes brutalement agressés par la musique et la performance de Mekaora, quintet qui envoie du lourd et du violent. Le style se situe quelque part entre du Brutal-Death et du Death technique bien mélodique. Le public suit le changement d’ambiance et commence à bouger un peu, avec une certaine timidité, le mouvement se propageant quelque peu par la suite. Le son est globalement très bon, la batterie rapide et carrée, et la basse fait son travail d’accompagnement comme il faut. Le groupe se démarque par un genre de composition assez « nouveau », ne se contentant pas de « bourrin gratuit » et ajoutant une réelle expression mélodique. Eric, le chanteur, bouge comme un damné, saute partout, et ce sera le seul que j’aurai vu sur ces trois soirées se jeter dans un pogo avec le public entre deux parties vocales. Ambiance garantie ! Il envoie un growl précis dans les medium qui accompagne à merveille le reste du groupe. Nous retrouvons ici deux titres de l’EP, ce qui confirme que la scène apporte vraiment une nouvelle dimension à ces morceaux par ailleurs déjà bons. Pour le cas où vous auriez envie de sauter partout dans une bonne ambiance, ou même si vous voulez écouter de la bonne musique à plein volume, vous ne manquerez pas leur prochain passage.

Setlist :

  • Abyss
  • Atomes
  • Delirium
  • Ersatz
  • On Est Toujours A Babel

Dirty Milf

Genre : Hard Rock - Sortie : 18 janvier 2014

Genre : Hard Rock – Sortie : 18 janvier 2014

Il se produit ici quelque chose d’étrange dès l’entrée en scène des protagonistes. En effet, en regardant les musiciens, nous avons l’impression d’avoir voyagé dans le temps et de nous retrouver entre les années 80 et 90, à une époque où le Glam, le Hard Rock et le Heavy étaient maîtres de l’univers des musiques amplifiées en distorsion. Le chanteur arbore une coupe de cheveux que Slash pourrait lui envier, le guitariste de droite a des airs de Lemmy avec son chapeau, quand l’autre guitariste et le bassiste ont des looks plus convenus pour des musiciens de cette époque reculée. Le vocalise intronise ce show en criant d’une voix aigue (très) et parfaitement maîtrisée : la surprise est de taille, et le public semble un instant en état de choc, avant que tous se mettent à bouger la tête. Défi du Headbang relevé ! Nous nous retrouvons musicalement aussi dans ces années folles. La technique de chacun est excellente, les sons sont ajustés au poil. Les compos, si elles nous rappellent le passé, ne sont cependant pas des reprises et versent dans un style plus moderne. Si nous devions qualifier le style de ce groupe, nous dirions qu’il s’agit de Glam-Hard-Rock-Heavy. Les titres s’enchaînent d’une manière fluide, et nous aurons droit à des soli de haute volée placés systématiquement au bon endroit : quelle claque ! Ils sont d’une exécution admirable, mélodiques à souhait. Comme si cela n’avait pas suffit, le soliste part dans un aparté purement solo au beau milieu du show. Bref, nous avons vibré tant à la musique globale qu’aux soli, bougé la tête comme tout le monde. Le jeu de scène n’a pas été en reste, le chanteur courant partout en animant la foule chaque fois qu’il le pouvait de par ses invectives, les guitaristes courant également dans tous les sens, et tout le monde s’agitant comme il faut au rythme de ces riffs endiablés. Nous avons été totalement captivés par ce groupe assez hors norme. Dirty Milf ? Effectivement, elle nous a bien eus. Nous recommandons de vous laisser tenter, car vous serez aussi bien pris en main. Excellente performance.

Setlist :

  • V Blood
  • Bang Bang Cowgirl
  • Dirty Milf
  • Wild Forever
  • Miss Mindend

Sekhmet

SekhmetAvec un look Metal plus « conventionnel », ce groupe originaire du Havre et qui a fait le déplacement exprès pour la soirée investit la scène pour nous faire continuer la soirée en quatrième position. La musique commence, le son est très bon, l’équilibre instrumental aussi et chacun a une bonne technique sous la main pour nous faire passer un moment agréable. Sekhmet nous introduit à un style qui se rapproche d’un bon gros Heavy Metal teinté d’un soupçon de Death, avec ses riffs bien lourds et ses mélodies accrocheuses. Michael, le chanteur, envoie un growl précis qui alterne avec des parties en chant clair un peu plus poussées, et le tout sonne juste. Le public est enthousiaste et bouge. Les morceaux s’enchaînent et… Nous avons là sous nos yeux un moment assez pénible pour le groupe. Le son de la guitare de gauche devient en effet de plus en plus aléatoire au cours du second morceau, pour finir s’estomper complètement. Nous nous devons de souligner que le groupe, loin de se laisser abattre, a continué à envoyer du lourd pendant tout le temps de l’intervention technique visant à résoudre ce problème, c’est à dire à peu près du second morceau jusqu’au dernier. L’ingé-son en salle n’arrêtait pas de faire des aller-retours de la scène à la table, un accompagnant du groupe tentera également de donner un coup de main, mais rien n’y fait. Finalement, un changement de guitare s’impose. Le temps de refaire un réglage son et c’est reparti, même si c’est un peu tard. A cet égard, les autres membres du groupe ont agi très professionnellement, permettant même à tout le monde de passer un très bon concert. Celui-ci a malheureusement été affecté par (décidément) un souci de larsen récurrent à intervalles assez irréguliers, et d’une provenance inconnue. Il s’agissait probablement du micro, car la voix de Michael s’estompait parfois pour revenir ensuite. Quoi qu’il en soit, la performance fut à la hauteur, et pour peu qu’on ne se soit pas concentré sur les problèmes techniques en cours mais sur le show, il n’y avait rien à redire : le jeu de scène était bon, les compos également et la prestation en dehors de ces aléas fut tout à fait plaisante.

Setlist :

  • Drop Dead
  • Endless
  • Pandora
  • Steps Of Disappointment
  • In The Name Of

Sins

Le dernier groupe de la soirée s’installe rapidement, mais une bonne partie du public a déjà déserté la salle. Ceux qui sont restés semblent néanmoins toujours prêts à en découdre. La formation est classique et compte deux guitaristes. Le groupe commence son set et nous découvrons un style qui balance entre Heavy Metal bien gras et Thrash à l’ancienne. Les riffs sont efficaces et le public chauffé s’agite et reçoit ce dernier groupe comme une offrande au Dieu Headbang, vociférant entre chaque morceau avec force applaudissements. Si la performance se passe bien, nous avons cependant trouvé que le jeu de scène manquait un peu d’énergie. Corentin chantait ses morceaux comme il faut, avec émotion et correctement, mais cela manquait un peu de mouvement et d’emprise sur le public comparativement à tout ce que nous avions pris dans la figure plus tôt dans la soirée. Le son, s’il n’était pas mauvais, était cependant un peu boueux. Il était parfois difficile de cerner qui des deux guitaristes faisait quoi, probablement en raison d’un dosage un peu trop intense de distorsion. Ceci mis à part, l’ambiance était plus que bonne et les compos intéressantes nous ont permis d’entendre un groupe qui, manquant peut-être encore d’un peu de maturité (le dernier changement de line-up ne date que de décembre dernier !), nous laisse présager pourtant d’un potentiel fort intéressant. A suivre, donc.

Setlist :

  • Between Pleasure And Pain
  • My Painkiller
  • Burning whisper
  • Redemption diaries
  • Everyday I’m Drinking

Cette soirée aura été pleine de bonnes surprises, et malgré quelques aléas techniques – mais n’est-ce pas cela aussi, la scène ? – nous en aura mis plein les oreilles et la tête, nous laissant la trace indéfectible d’une soirée qui n’aura pas été passée en vain. Une nouvelle fois, il est très difficile de savoir qui remportera la palme du Headbang Contest sur les cinq demi-finalistes tant le niveau était élevé. Ce samedi nous aura apporté son lot de diversité avec une programmation plus hétéroclite que la veille. Et nous remettons cela dimanche pour la suite et la fin de la sélection des demi-finales parisiennes. D’après les organisateurs, pas moins de deux cent personnes auront fait le déplacement pour assister à ce show, et vu la taille du Zèbre, nous vous assurons que ce n’est pas rien.

Dimanche 9 mars : Baruffa + Funeral Dawn + Evenline + Deathtoys + Blind Inside

Le dernier soir est arrivé, conclusion de six jours de concert avec le passage de pas moins de trente groupes. Les cinq derniers officieront lors de cette soirée qui nous réservera elle aussi, comme nous le verrons ensuite, son lot de surprises et découvertes intéressantes. Nous entrons à 20h et la salle est déjà bien remplie, l’ambiance détendue. Mais soudain…

Baruffa

baruffaLes lumières s’éteignent. Des formes s’agitent dans l’ombre et semblent glisser vers la scène sur un son électro planant et inquiétant. Quand tout se rallume lentement, la musique commence après une petite présentation du chanteur. L’ambiance dans la salle est un peu étrange, les regards à la fois amusés et surpris. Pourquoi cela ? Eh bien disons que le chanteur en question n’est pas spécialement le genre de vocaliste que l’on rencontre tous les jours. Sacha paraît en effet le plus jeune d’une formation dont les musiciens ne cumulent pas les années, et n’est peut-être même pas encore entré dans l’adolescence. Si la chose peut être surprenante, Sacha envoie un growl plus que satisfaisant, en place et à la hauteur voulue. La musique est de style Heavy Metal sans concession, constituée de riffs bien lourds. Une autre particularité de ce groupe est un chant exclusivement en français, et de plus bien articulé puisqu’il est possible de saisir ces paroles pour peu qu’on s’y concentre. La jeunesse du groupe n’entache en rien ses capacités. Tout au plus pourrions-nous dire qu’elle influence le charisme et le jeu de scène de ses membres, car effectivement, celui-ci sera plus léger que ce que nous avons eu l’occasion de voir jusqu’à présent. Tenant compte de ces facteurs, la prestation est néanmoins tout à fait satisfaisante. Les interventions et présentations de morceaux sont faites par le guitariste. Le growl medium aigu de Sacha, accompagné de deux guitares et d’une basse au son bien équilibré et clair, ainsi que d’une batterie simple mais carrée et chargée de puissance, donne un groupe tout à fait crédible. Le public a eu un peu de mal à se laisser dompter, et c’est ce que nous pourrions regretter le plus. Les compositions manquent peut-être également d’un peu de maturité car si elles sont bonnes, elles pourraient faire preuve de plus d’originalité. Nous n’avons pu nous empêcher de nous demander ce que pourrait donner ce groupe dans trois ou quatre ans vu ce qu’il est déjà. Et avouons qu’il y a là un très gros potentiel d’évolution.

Setlist :

  • Intro
  • La Fureur Des Lions
  • Notre Enfer C’est La Terre
  • L’esprit Querelleur
  • Peur De Plaire
  • Sombre Conquérant
  • Peuple Entravé
  • Persepolis

Funeral Dawn

Funeral DawnAprès le temps d’installation au cours duquel nous avons remarqué la mise en place d’une bannière au nom du groupe, ne laissant aucune ambigüité, nous découvrons donc Funeral Dawn, dont les musiciens sont d’un âge plus habituel. L’inverse aurait toutefois été étonnant quand on sait que ce groupe a débuté en 2003. Le style délivré est précis et propre, nous évoluons en territoire Black Metal, Pagan et Death Metal. Les mélodies sont travaillées, et la musique est très agréable et finalement assez lyrique, entre parties plus musicales et gros riffs bien rapides. Chacun des musiciens est audible et à l’écoute des autres. Le niveau est équilibré et semble élevé, sans faire étalage de technique. Chaque morceau est marqué de sa patte particulière et pourra même se retenir aisément grâce à la répétition du thème. Le chanteur envoie un growl Black assez aigu bien maîtrisé. Le public est tout à fait à l’écoute, mais nous n’observons pas pour autant de mouvements à outrance. Une pluie d’applaudissements mérités tombe entre chaque morceau. Les guitaristes et le bassiste sont bien présents en termes de jeu de scène, le chanteur est bien là mais manque d’un soupçon de présence, à moins qu’il ne se mette volontairement en retrait. Si l’ambiance est bonne, cela donne une impression étrange de mise à l’écart de sa part. Cependant le jeu de scène est de niveau pro, l’exécution musicale et le son de même. Nous tenons à noter tout particulièrement la prestation d’un batteur assez exceptionnel dans son genre de par sa présence, sa puissance de frappe et sa précision. Ce qu’il joue paraît simple, mais nous sentons derrière une véritable maîtrise. Funeral Dawn a donc avec ses musiciens aguerris de quoi faire bouger un public assez mitigé de base. Les morceaux se sont enchaînés et nous ne pouvons que constater l’arrivée de la fin du set, un peu étonnés que ce moment « sombre » et « lourd » d’ambiance soit si vite achevé.

Evenline

EvenlineAprès le retrait de la bannière et l’arrivée du nouveau groupe, nous accueillons désormais Evenline, dans un style plus clair. Et en effet, dès les premiers accords et les premières mélodies, nous sommes soumis au contraste offert par cette succession atypique de groupes. Evenline est une excellente formation de Progressive Metal aux relents pop, Death et Heavy en fonction des moments, le tout bien travaillé. Le niveau est une nouvelle fois très élevé, avec des musiciens qui maîtrisent parfaitement bien leur sujet et usent de leur technique d’une manière tout à fait musicale et plaisante. Nous accrochons immédiatement, emportés par des compositions dignes des grosses productions américaines et qui tiennent la comparaison sans rougir. D’ailleurs Arnaud, le vocaliste à la mine triste, nous rappelle James LaBrie dans sa façon de chanter, ce qui n’est pas peu dire. La guitare n’est pas du Petrucci, mais nous avons tout de même d’excellents riffs à nous mettre sous la dent. La basse est ronde et se combine à une batterie carrée et sans fioritures, apportant un soutien rythmique qui passe tout seul dans le mix et permet d’avoir ce « gros son » dont tout le monde part en quête un jour où l’autre. Chaque instrument a sa place, chaque son est mixé et nous en oublierions par moment que c’est bien un live qui se déroule devant nous. Le jeu de scène est très bon sans être excessif et le public suit bien, la salle étant remplie à son maximum à ce moment de la soirée. Cela est positif, car la formation mérite vraiment que l’on passe un peu de temps avec elle pour partager son énergie et profiter de la qualité de son jeu et de sa musique. Ce groupe est définitivement l’un de ceux que l’on ne pourra pas oublier de sitôt. Le set passe trop vite et nous devons déjà les voir partir sous les acclamations. Hélas, les rappels hors temps de jeu sont interdits.

Deathtoys

DeathToysAu cours de cette soirée qui nous emmène de plus en plus loin, en des contrées diverses et variées, un nouveau venu va encore nous faire comprendre que le Headbang Contest est vraiment un tremplin ouvert à tous. Après Baruffa, Funeral Dawn et Evenline, c’est DeathToys qui prend le relai sur scène et décide de nous en mettre plein les mirettes. Au vu du look des musiciens, nous imaginons tout d’abord que nous aurons affaire à un groupe d’Indus, mais ce n’est pas le cas. En référence au nom du groupe, des peluches et poupées martyrisés ont été accrochés aux pieds de micro, rajoutant un effet notable à la scène. Dès les premières notes, nous sommes face à un style oscillant entre le Heavy Metal et le Thrash dans une unité de bonne facture. Le chanteur s’accroche à son micro comme si c’était la dernière chose au monde qu’il voulait perdre. Si le public se fait de plus en plus rare, l’heure tardive d’un dimanche soir aidant apparemment les audiences parisiennes à ce genre de méfait, le groupe assure un show qui est d’un bon niveau. Nous ne dirons pas « très » car il manque un petit quelque chose, comme une dynamique sur scène. L’interaction avec le public restant n’est pas mauvaise, mais l’ambiance se fait un tantinet plus froide qu’avec le groupe précédent. DeathToys nous ramène quelques années en arrière, à cette belle époque où le Heavy Metal et le Thrash justement, dominaient la scène internationale. Les compos sont bonnes, constituées de riffs simples, efficaces et lourds. Une ambiance mélancolique et féroce à la fois s’installe doucement et nous sommes pris au jeu. La voix d’Anthony, si elle nous semble parfois un peu fausse sur des mélodies à la guitare en son clair, n’en reste pas moins efficace et précise la grande majorité du temps, et nous touche. Si le groupe ne nous offre pas l’expérience scénique de notre vie, nous passons malgré tout un bon moment et le show est bon.

Blind Inside

Pour terminer cette semaine folle, pleine de découvertes, de surprises et de rencontres, Blind Inside investi finalement la scène. Le quartet se caractérise par la présence d’un guitariste-chanteur. Les musiciens semblent tout à fait détendus, prêts à en découdre avec les personnes qui ont eu le courage de rester jusqu’à la fin (il est à peine 22h30). En effet, il ne reste plus qu’un tiers du public en salle. Dommage, ceux qui sont partis ne sauront peut-être jamais ce qu’ils ont manqué. Avec leur attitude un brin nonchalante, ne nous y méprenons pas, les Blind Inside savent comment envoyer du gros son et faire bouger un public, avec une musique qui saura toucher un public large dans un premier temps, et plus pointu aussi pour ceux qui chercheront. Les compositions nous renvoient dans les mêmes années que le groupe précédent avec cette fois-ci un bon Heavy Metal qui sait se faire à la fois lourd et mélodique. La base rythmique nous assomme quand le son des guitares nous écrase, et la voix du chanteur nous envoie dans une autre dimension. Le mix est excellent. La musique est jouée presque tranquillement, la technique paraît simple mais nous sentons l’expérience et la maîtrise derrière chaque note et chaque accord. Les quelques personnes qui ont résisté à la tentation du départ en prennent plein les oreilles et acclament comme il se doit Blind Inside qui nous offre un show de grande qualité. Le son est impeccable, tout aussi osé que la musique. Les membres du groupe sont contents d’être là, cela se voit et se ressent, et nous sommes contaminés par cette bonne ambiance, ces derniers instants au Zèbre de Belleville. Nous avons pris une bonne claque ainsi qu’une leçon de Heavy Metal, car si le genre commence à dater un peu, nous pensons qu’avec des combos comme celui-ci il lui reste de beaux jours devant lui. Après les derniers applaudissements, la semaine est terminée. Et quelle belle façon de terminer !

Au cours de ces trois soirées, nous avons découvert des groupes de très bon niveau ayant une présence scénique remarquable, et nous comprenons bien pourquoi le jury a eu du mal à délibérer pour désigner les groupes qui joueront en finale. Sur ces trois séries de cinq groupes, ont été sélectionnés Sliding Of Frequency et Enemy Of The Enemy pour le vendredi. Pour le samedi, ce sont Sekhmet et Dirty Milf, ainsi que Funeral Dawn et Evenline pour le dimanche. En dernière minute, et d’une façon tout à fait exceptionnelle, ont été rajoutés Mekaora et Blind Inside, avec une option de remplacement en cas de désistement pour Back In Pain. Si cela ne suffit pas à vous convaincre de vous déplacer l’année prochaine… Le week-end aura été bon sous les auspices métalliques du Headbang Contest. Tout s’est bien déroulé, dans une bonne ambiance, et nous sommes heureux de constater qu’il se trouve dans nos régions un vivier de groupes au potentiel fort. Ils méritent que vous alliez les voir, et pourquoi d’ailleurs se priver de passer une bonne soirée en compagnie agréable ?

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commentaires
  1. JD dit :

    Deer Blood’s was here too !

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