Interview avec Alex Staropoli (Rhapsody Of Fire)

Publié: 6 février 2014 par shikisonsofmetal dans Interviews
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Dark_Wings_of_SteelÀ l’occasion de la sortie de leur nouvel album Dark Wings Of Steel, Sons Of Metal a pu rencontrer Alex Strapoli, clavieriste et membre fondateur de Rhapsody Of Fire. L’occasion de parler un petit peu de ce premier album du groupe composé et enregistré sans Luca Turilli.

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SOM : Quel est ton ressenti sur le nouvel album et la manière dont-il a été composé ?

Alex Staropoli : L’album a été composé l’année dernière. J’ai commencé à écrire sur des nouveaux morceaux ainsi que mon frère. Nous avons combiné nos forces car j’ai été surpris lorsqu’il m’a proposé de nouvelles idées et j’ai vraiment apprécié le fait de ne pas faire cet album seul. Vous savez, j’ai un frère qui est très talentueux. Quand il avait douze ou treize ans, il nous a fait écouter des albums qui, pour moi, ressemblaient à de la musique baroque et cela a toujours été présent dans la composition des albums ou lorsque nous jouons live. Il n’a jamais été étranger à la musique de Rhapsody Of Fire. Je suis heureux d’avoir travaillé avec lui. C’est une histoire d’amour avec la musique et je n’avais pas particulièrement de plan quand je composais, juste une idée qui venait par-ci, par là. J’aime diverses influences dans la musique comme les parties rapides, le côté politique et dramatique, donc c’est simplement choisir quoi faire. J’ai décidé de ne pas faire de longs morceaux, de ne pas faire de morceau baroque par exemple, mais oui je veux avoir une intro là, je veux avoir des morceaux rapides ici, des éléments qui soient typiques de Rhapsody Of Fire, des choses orchestrales.

Tu as parlé de composition avec ton frère, ça t’a fait quoi d’écrire avec lui ?

Nous n’avons jamais composé de choses ensemble. Je travaillais toujours seul et c’est ce que je faisais sur le nouvel album de Rhapsody Of Fire quand il m’a envoyé des choses qu’il avait écrites. Alors, je lui ai dit qu’il pouvait m’envoyer tout ce qu’il avait et que je prendrais des idées dedans. Nous vivons dans des endroits différents et nous ne nous sommes pas rencontrés pour écrire. Ce que nous avons écrit a été fait chacun de notre côté et j’ai réuni le tout après.

Vous avez donc écrit chacun de votre côté, mais vous ne vous êtes pas vus une seule fois ?

Nous nous sommes vus de nombreuses fois mais pour le processus d’écriture, nous travaillons séparément. Il travaillait chez lui, il enseigne et fait des concerts aussi. Il compose actuellement et il avait déjà beaucoup de choses d’écrites que je pouvais écouter et décider si j’allais les utiliser ou non.

Par rapport à l’écriture de l’album, est-ce que le reste du groupe prend part à la composition ?

Je suis le responsable de l’écriture, avec mon frère. Je travaille aussi avec Roby De Micheli, le nouveau guitariste. Il faisait partie d’un autre groupe quand nous avons enregistré la toute première démo. Luca (Turilli) et Roby étaient potes, ils avaient commencé à jouer de la guitare ensemble mais Roby à décidé de partir après quelques années. Donc, Roby n’est pas étranger à Rhaposdy Of Fire. C’est un grand guitariste et je lui ai dit de me faire écouter les riffs qu’il avait composés. Il a été également important pour la production. J’ai composé l’intégralité sur ordinateur, basse, batterie, claviers, les lignes vocales et quand j’ai donné la partie batterie à Alex Holzwarth et qu’il a rejoint le studio, bien sûr il a joué ce qui avait été écrit mais comme un batteur le jouerait, en respectant sa partie et les rythmes de base mais il agrémentait aussi la partition en y ajoutant une touche humaine. Je lui ai fait confiance et je ne me suis jamais rendu au studio car je sais qu’il fait du bon boulot, donc c’est normal de laisser une part de liberté dans le processus. Il sait qu’il devait respecter ce qui était planifié et il a fait du bon travail.

Tous vos albums racontent une histoire. Cet album est-il la continuité d’une histoire ou le début d’une nouvelle saga ?

Non, pas du tout. Ce n’est plus une saga, ni un « concept album », ni la suite d’une histoire. C’est vraiment un chapitre nouveau. J’ai demandé à Fabio d’écrire les paroles, il s’est senti encore plus partie prenante dans le groupe, vu qu’habituellement j’écris tout. Cette fois, j’ai voulu innover avec lui en lui offrant d’écrire les paroles, de faire quelque chose allant avec la magie de la musique de Rhapsody Of Fire et il a écrit d’assez bonnes paroles, je dirais. J’ai été agréablement surpris avec cela car je ne savais pas à quoi m’attendre. C’était un risque pour moi car je ne savais vraiment pas ce qu’il allait écrire ! Nous avons travaillé sous pression car nous n’avions que deux semaines pour enregistrer et les paroles n’étaient pas finies. Il enregistrait la journée, écrivait les paroles la nuit en ne dormant que trois à quatre heures et revenait le jour suivant pour enregistrer ! Ce fut une période très difficile car il restait du travail à faire mais c’était une bonne pression… Bien sûr, quand tu disposes de deux mois pour faire un album et enregistrer la voix et que tu as le temps de travailler, c’est bien mais ce sont les producteurs qui vont traîner en longueur et lorsque tu écoutes le mixage, tu te dis : « ok c’est bon ! » car ça a pris trop de temps, tu satures et tu perds la lucidité sur ton travail. Tu sais ce que tu veux mais tu es tellement crevé que tu laisses tomber… C’est ce qui s’est passé pour Symphony of Enchanted Lands (1998) avec quatre mois de studio… Mais c’était une époque différente, on l’a fait avec passion, avec toutes nos forces. Maintenant c’est différent, je ne veux pas que le studio devienne mon foyer, je veux vivre et avoir du temps, un bon environnement…

Dark_Wings_of_SteelTu nous as dit que l’album était un chapitre nouveau. Cela veut-il dire qu’il y aura un autre chapitre dans quelques années peut-être ?

Oui, je pense. J’ai déjà une chanson pour le prochain album. Luca en a peut-être même une dizaine d’autres mais sur Dark wings of steel, j’ai eu beaucoup de temps pour composer la musique et je ne vais pas attendre des années pour sortir un autre album. Je veux le faire assez vite donc je dois me bouger rapidement pour ne pas avoir à courir à la fin. C’est agréable de ne rien faire aussi ! J’aime ça mais il faut se bouger et chercher des idées car le temps passe… Tu pars en tournée, tu en reviens fatigué. Alors, tu te dis que nous avons entre six et neuf mois devant nous et puis tu n’en n’a pas. Puis tu dois rentrer en studio… Faire un bon album, c’est une année complète… Je veux avoir le temps de faire les choses bien, ne pas « balancer » les chansons…

Est-ce qu’un jour, la saga musicale que vous avez produite pourrait voir le jour au travers d’un autre support media ? Un livre, par exemple ?

Il y a une possibilité mais cela dépend de Luca. Il est l’auteur de cette saga. Nous avons déjà parlé de cela avec lui et pour ce genre de chose, tu as besoin de plusieurs mois. Je dirais peut-être une année… Mais au moins plusieurs mois… Il travaille dur alors il peut peut-être le faire en six mois mais je ne sais pas vraiment. Ça fait partie du passé et nous regardons vers le futur, ce qui serait peut-être difficile pour Luca de dire oui pour cette saga. Il préfère peut-être écrire un nouvel album avec son groupe… Peut-être que ça se fera naturellement dans quelques années, quand tu ressens la nostalgie et que tu te dis « c’est le bon moment pour le faire », et donner aux fans de la première heure quelque chose de spécial… Peut-être sous forme de dessins, de photos…

Quelle va être la réaction des fans quant à la sortie du nouvel album ?

J’espère qu’ils vont l’apprécier, bien sûr ! De la façon dont je l’apprécie moi-même. Depuis le début, nous n’avons jamais raisonné en « nous » : « nous, nous avons fait ça, nous, etc…». Mais nous avons toujours voulu écouter notre musique comme si nous étions étrangers à cette dernière. Je me rappelle une chose, nous étions dans mon salon et nous nous demandions quelle musique n’existe pas et que nous voudrions entendre chez un groupe ? Nous nous sommes dit : « faisons-ça ! ». Quelque chose qui n’existe pas et nous avons décidé de le faire. Quand tu es fier de ça, cela n’a presque pas d’importance de savoir de quelle façon les gens vont réagir parce que tu aimes ce que tu as fait. Bien sûr, tu espères que les gens vont aimer l’album que tu as fait (rires). L’important est l’énergie que tu y mets à la source, de croire en ce que tu fais. Je crois en cet album, je l’aime vraiment et j’aime l’écouter.

Rhapsody Of Fire est souvent taxé de « Hollywood Metal ». Qu’est-ce que cela t’inspire ?

Nous avons créé ce nom à l’origine avec notre premier label et nous avons trouvé ça bon mais par la suite, cela ne nous plaisait plus et nous avons décidé de changé ça en « Film Score Metal » qui sonne plus sérieux à nos yeux. « Hollwood Metal » faisait penser aux productions, « Film Score Metal » fait penser à Rhapsody Of Fire… Néanmoins, je n’aime pas spécialement décrire la musique d’un groupe par l’intermédiaire d’un ou deux mots…

Tu dois savoir que Luca Turilli a fait un album. L’as-tu écouté et si oui, qu’en penses-tu ?

Oui, je l’ai écouté. Je crois que nous partions travailler avec Sebastian qui est notre ingénieur du son en concert. Il possède un studio où il y a des répétitions et il y fait de la production. J’écoutais l’album de Luca mais je n’aime pas donner mon opinion sur un album que j’écoute. Je l’ai fait par le passé et cela m’a créé des ennuis parce que je suis trop sincère ! Je n’aime pas trop donner mon avis sur des albums de Heavy Metal, parce que je n’en n’écoute pas spécialement et particulièrement les groupes actuels, tu sais… J’écoute plutôt des groupes anciens. Je compose du Heavy Metal pour Rhapsody Of Fire et je n’ai pas trop le temps pour le reste. Je préfère écouter de la musique classique, de la musique de films ou d’autres types de musiques. Je garde mon esprit libre comme ça. Mais je peux dire que je suis très heureux de ce qu’il fait. J’étais en train d’écouter son album en conduisant et c’est toujours plus dur d’écouter un nouvel album en voiture que chez soi. J’imagine qu’il est très heureux de ce qu’il a fait sur son album avec ses arrangements orchestraux. Il avait envie de cela parce que je le faisais moi-même alors qu’il me disait : « je suis le claviériste et toi, tu es le guitariste ». Il a voulu délaisser la guitare pour passer aux claviers et jouer aussi du piano. Il aime la musique dans son ensemble, il est vraiment cool.

ROFPromoPhoto2013-01webAs-tu quelque chose de particulier à dire pour clore cette interview ?

Je crois que nous avons fait une longue interview ! Mais nous n’avons pas parlé spécialement de tournée. Nous avons pas mal de possibilités, nous en discutons. Ce sera probablement l’Europe l’année prochaine, en premier, viendront ensuite les Etats-Unis.

Tu attends d’aller plus particulièrement dans un pays plus qu’un autre ?

Parfois oui. Il est agréable d’aller en Amérique de sud quand ce n’est pas l’hiver, c’est bien d’y aller au printemps. C’est la même chose aux Etats-Unis. Des mois comme mars-avril sont les meilleurs pour tourner en Europe. Beaucoup de groupes tournent à cette période. Une fois, nous avons tourné en janvier et on s’est gelé ! Tu sors du tour-bus et tu n’as nul part où aller ! Spécialement en Allemagne ou sur l’Europe de l’est. Le printemps est mieux pour jouer.

As-tu peur de ne pas être vu comme le vrai Rhaposody Of Fire ?

Ce sont les conséquences de la séparation. Chacun peut penser ce qu’il veut. Bien sûr, des fans pensent que Luca n’est plus là et que la magie a disparue avec lui… Qui peut dire où se trouve la magie ? Ce sont des choses que je sais. J’ai aussi mes groupes préférés et dans mes groupes, certains musiciens sont partis ici, d’autres là… La magie peut être partie aussi, je sais que c’est vrai mais quand deux personnes ne peuvent plus travailler ensemble, tu dois l’accepter comme tel… Je fais de mon mieux pour faire le mieux possible… Je suis fier de l’album et j’espère que le public l’aimera.

Un dernier mot ?

J’attends de revenir en France. Tu vois, quand nous jouons en Italie, nous sommes chez nous. Nous avons ce même feeling avec la France. La dernière fois que nous avons jouée à Paris, ça été fantastique. Venez nous voir en live, j’ai envie de vous voir !

Retrouvez Rhapsody Of Fire en live :

  • Le 7 avril 2014 au Transbordeur (Lyon)
  • Le 9 avril 2014 au Trabendo (Paris)

Interview réalisée par Shiki

Traduction et retranscription par Pat

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