Kickback + Warfuck + Plèvre + FDC, le 2 novembre 2013 à l’American Dreamer (Annonay)

Publié: 13 novembre 2013 par metalkouni dans Lives Reports
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Cette histoire commence par une nuit froide et pluvieuse, dans un des quartiers populaires d’Annonay. Il est tard et seules deux ombres parcourent les ruelles désertes et sombres de la vénérable cité, sous une pluie battante d’automne. L’eau ruisselle dans les caniveaux et contre les fenêtres des habitations silencieuses. Ces deux âmes errantes, aux visages fouettés par le vent glacial et les feuilles jaunies des marronniers, se nomment Mike et Kouni. Deux amis, intrépides et passionnés de musique, qui se dirigent d’un pas pressé vers l’American Dreamer, un bar-concerts situé non loin du Barbar, récemment ré-ouvert. Après s’être restaurés à l’auberge et franchi le pont de la Cance, nos deux métalleux arrivent enfin sur la terrasse de la taverne, presque inondée. La lumière jaune placée au-dessus de la porte d’entrée éclaire une dizaine d’individus trempés, discutant entre eux une cigarette à la main, une bière dans l’autre. Personne ne prête attention à nos aventuriers et ces derniers pénètrent dans l’antre de la musique. Là, ils retrouvent un troisième compagnon, nouvellement intégré à l’équipe : Haja, lui aussi chasseur d’images comme Kouni. Une faible lumière ne leur permet de distinguer que quelques ombres assises au bar, tandis que sur la scène, on s’affaire à installer le matériel du premier groupe de ménestrels.

FDC-20131102-001FDC

FDC se présente à nous comme un groupe de Rock n’ Roll/Punk à l’esprit très festif et à l’attitude décalée. FDC-20131102-011Venu de Besançon, ce quatuor va nous jouer un set rafraichissant d’environ 45 minutes. Bien que leur musique soit très entrainante et même dansante, le public reste statique, accoudé au zinc du bar. Le seul qui bouge, en fin de compte, c’est le barman. Pourtant, FDC se démène comme si la salle était remplie à craquer. À la basse, Max entre en transe. Pied nus et affublé d’une salopette lui donnant le look d’Huckleberry Finn, il nous fait régulièrement des grimaces hilarantes. Les morceaux que nous présentent les Bisontins sont variés et le groove est toujours privilégié. Pour preuve, le mixage qui met la basse en avant, nous permet de profiter du jeu tout en nuance et en slap de Max. Derrière les fûts, Aurélien assure un jeu efficace et dynamique tandis que Mat nous distille ses paroles pleines de finesse avec beaucoup de justesse. Quelques phrasés rappés sont inclus dans les chansons, à l’instar de « Toilettes publiques », brûlot politique aux paroles acerbes mais humoristiques. Malheureusement, le groupe n’est récompensé que par des applaudissements polis, voire timides. Pourtant, FDC mérite beaucoup mieux mais ce n’est pas le public qui lui faudrait ce soir. Mais il est vrai que la formation de Besançon est une totale rupture avec le reste du plateau, plus extrême.

PLEVRE-20131102-001Plèvre

Mike et moi ayant tous deux assistés à ce concert, nous développerons ici nos impressions, chacun notre tour.

Le point de vue de Mike : Plèvre prend la scène et nous envoie directement sa musique, qui est certes assez difficile à identifier. Mais, pour rester dans un esprit journalistique, je me lance en annonçant que cette formation lyonnaise évolue dans une sorte de Post-Hardcore apocalyptique, avec un côté Sludge. Maintenant que les bases sont posées, parlons un peu plus de leur prestation. Sur scène, nous avons droit à une déférente d’énergie, la violence et le dynamisme sont de rigueurs. Au niveau du son, il est de qualité, les structures musicales de Plèvre sont simples, mais efficaces. Le groupe perd peu à peu sont auditoire et voit la salle se vider au fur et à mesure que son set se déroule.

Le point de vue de Kouni : Plèvre s’installe sur les planches et exige de l’ingé-light Seb qu’il éteigne l’intégralité des spots éclairant la scène. Le groupe dispose de son propre éclairage, se résumant à deux grands néons verts, placés devant les retours. L’ambiance est posée, et la musique lourde et oppressante du groupe lyonnais accentue ce sentiment de malaise qui commence à naître chez votre serviteur. Je ne dois pas être le seul à ressentir cela car, après quelques titres, plusieurs spectateurs quittent les lieux et ce, durant tout le set de Plèvre. Le Sludge violent des lyonnais ne rencontre pas vraiment le succès, malgré l’énergie déployée par le chanteur qui va littéralement chercher son auditoire. Une mention spéciale est décernée au batteur, particulièrement impressionnant techniquement et visuellement.

WARFUCK-20131102-002Warfuck

Le point de vue de Mike : Warfuck se présente sur scène. Nous avons face à nous deux musiciens, Nico au chant et à la guitare, accompagné de Mak à la batterie, qui nous envoient un Grindcore à tendance Power violence. Malgré une qualité de son acceptable, il est difficile pour tout profane du style d’arriver à déceler une musicalité, tant c’est un amas d’agressivité qui s’abat dans nos conduits auditifs. Une partie de l’auditoire reste dubitatif, certains quittent la salle. Sur scène, c’est sans concessions que Nico descend de scène pour déambuler au milieu de la salle. Pour ceux qui connaissent un minimum le style dans lequel évolue Warfuck, nous noterons quelques relents de Crust. Le set se déroule de la même façon du début à la fin, c’est à dire : violence, violence et encore de la violence.

Le point de vue de Kouni : Tout groupe de Grindcore/Crust qui se respecte doit absolument perforer les tympans des spectateurs avec la musique la plus violente possible. Force est d’admettre que Warfuck y parvient aisément. Un peu trop, peut-être, puisqu’une bonne partie de l’auditoire sort de la salle dès la moitié du set. Cet intense déchainement de rage ne sied pas à tout le monde, dont votre serviteur. En grattant sous le vernis (ou plutôt la crasse), nous pouvons entendre une musique richement élaborée. Certes, c’est bourrin, mais c’est maîtrisé. Les musiciens mouillent le T-shirt et ne ralentissent pas un seul instant le rythme du concert. Très peu de variations dans la musique du duo lyonnais, si ce n’est aucune mais on sait à quoi s’attendre avec du Crust. Des pogos assez nerveux éclatent par moments. Trente minutes de violence pure.

Kickback 1Kickback

Si Warfuck paraissait violent, il n’en est rien à côté de Kickback. Interdits de scène dans de (très)Kickback 3 nombreuses salles de France et de Navarre, les Parisiens annoncent la couleur d’entrée de jeu. Pas avec le public mais avec l’ingé-son Kazzik, dont la vitesse d’exécution ne satisfait pas le chanteur. Une fois les réglages mis au point(g), le set démarre… Avec fracas d’os et de matériel. La tension est déjà palpable et si certains adorent ça (la majorité du public est venu pour en découdre physiquement), d’autres sont rapidement rebutés par cette attitude. Kickback n’en a que faire de ceux-là, seuls les spectateurs impétueux auront l’attention des musiciens, donnant des taquets aux plus proches d’entre eux. Oui, autant vous le dire de suite, Kickback est là pour nous provoquer et se battre avec nous. Réellement. Ceux qui l’ignore vont vite l’apprendre à leur dépens, à commencer par Sylvain, l’assistant de Kazzik, qui manquera de se prendre une droite, après avoir monté sur scène pour régler le micro de la grosse caisse. Plusieurs spectateurs du premier rang prendront des coups et l’un d’eux, Kickback 2laminé par l’abus d’alcool, s’écroulera par terre suite à un coup de genou gracieusement offert par le vocaliste. Les provocations sont nombreuses : « ça dort ici, on s’emmerde ! », « alors quoi Annonay, vous n’avez pas de couilles ?! ». Le public ne répond pas ou très peu, ce qui évite à la soirée de terminer en bagarre générale. Derrière cette attitude malsaine, Kickback nous prouve qu’ils savent jouer. Et ça jouer rudement bien. C’est carré, varié et dynamique. Du Hardcore qui t’attrape par les tripes et qui ne te lâche plus. Un peu comme le chanteur avec certaines spectatrices qu’il tente d’embrasser, parfois contre leur gré. Soudainement, le vocaliste m’aperçoit en train de le photographier et tente de cracher sur mon objectif. Par réflexe, j’évite le projectile gluant qui vient s’échouer sur ma main droite. Et non, je n’ai pas pris la photo. Bref, je ne suis pas la seule cible puisque tout le monde va en prendre sur le coin de la g*****. C’est un véritable carnage dans la salle, les pogos sont particulièrement violents et mon collègue Haja peine à trouver un endroit sûr pour se protéger, ainsi que son matériel. Quant à Mike, une lourde blessure à l’épaule l’empêche de se joindre à ce massacre mais à voir ses yeux brillants, je parierai tout mon matériel photo qu’il voudrait en être. Le chanteur jette une bouteille de bière dans le public, touchant une spectatrice à la jambe, et brise une bouteille de whisky (vide) sur la scène. UnKickback 4KICKBACK-20131102-001 spectateur s’empare d’un morceau de verre coupant et l’utilise pour se taillader le front. Saignant abondamment, il se jettera ensuite dans un circle-pit ravageur. Le public n’est pas seul à souffrir car le vocaliste de Kickback se tape la tête contre les retours et utilisera son micro pour se cogner le front. Résultat : le micro est complètement défoncé, à la fin du set. Musicalement très solide, le concert aura été une démonstration de maîtrise technique. Jouer des partitions si complexes, déstructurées et rapides sans faire d’erreurs, tout en cognant sur ses fans, ça vaut des applaudissements. Sans pour autant cautionner cette violence, les Kickback méritent bien leur réputation. Ce fut la dernière date de la tournée (les autres concerts prévus furent annulés quelques jours après cette soirée) et elle sera certainement inoubliable.

Un plateau organisé au dernier moment mais qui aura retourné l’American Dreamer. Et provoqué quelques cocards sur certains spectateurs. Mais rien que la bière ne peut soigner.

Merci aux organisateurs, au personnel de l’American Dreamer et aux groupes pour cette soirée dantesque.Suite à ces évènements, nos trois courageux aventuriers quittèrent les lieux et disparaissaient dans les ruelles humides d’Annonay. Pour mieux y revenir une prochaine fois. Fin.

Kouni

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