Interview de Cherry And The Vipers, le 23 août 2013

Publié: 31 octobre 2013 par Eladan dans Interviews
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Cherry & the Vipers, groupe punk-rock finlandais, a la particularité d’avoir aux fûts Eicca, violoncelliste et membre fondateur d’Apocalyptica. Le 23 août dernier, le groupe jouait à la release party du nouvel album de The Blanko. À cette occasion, nous avons rencontré, Kirsi Ylijoki (chant), Samu Leminen (guitare) et Eicca Toppinen (Batterie).

 Sans-titre-2

Interviewer : D’abord, comment ça va, à quelques heures du concert ?

Samu : On attend.

Kirsi : J’ai fait pas mal de va-et-vient pour des interviews dimanche et hier. On faisait le lancement du single, donc j’attends la scène avec impatience.

Comment vous est venue l’idée de créer Cherry & The Vipers ?

Kirsi : C’est moi qui ai eu l’idée, il y a à peu près quatre ans. Nous avons cette grande pièce au sous-sol avec tous ces instruments de musique (Note : Kirsi est l’épouse d’Eicca Toppinen) et donc, j’ai pensé que ce serait sympa de nous réunir avec nos amis et de jammer entre potes, pour le fun. Et pendant un an, on a fait ça. Les gens allaient et venaient, différentes personnes jouaient de la batterie et puis ensuite, on s’est retrouvés avec un line-up stable. On s’est dit : « bon, on est un groupe maintenant, donc on va jouer ». On a commencé à répéter sérieusement et à jouer en public après ça.

 Samu : Ça a commencé comme des jams au début.

 Kirsi : Ça c’est fait brusquement, après pas mal de bœufs.

Samu : On jouait des covers.

Samu (gauche) et Kirsi(droite)

Kirsi Ylijoki (Chant lead, à droite) et Samu Ylijoki (Guitare et chœurs, à gauche)

Cherry est une référence à ton nom, Kirsi (Cerise, en Finnois), mais pourquoi The Vipers ?

 Kirsi : Oui, Cherry est une référence à mon prénom, et « Vipères » c’est « Kyy ». Alors, comme mon nom de famille est Ylijoki et que « groupe » c’est « Yhtyä »… Hou-là, je crois que je ne vais pas réussir à traduire le jeu de mot ! (Rires)

Samu, comment est tu entré dans le groupe ? Tu as déjà été dans un groupe ?

Samu : Oui et je suis encore dans quelques-uns. Nous vivons tous dans le même coin, à la campagne, on avait des amis, on avait chacun des… (cherche l’expression)

 Kirsi : Amis communs.

Samu : Oui, l’un d’entre eux, un guitariste, m’a demandé si je voulais venir.

Et c’est comme ça que tu les as rencontré ?

Kirsi : Non, en fait, cet ami nous a dit qu’il était bon guitariste et qu’il avait envie de venir. Donc, j’ai pris la voiture, j’ai fait les vingt kilomètres jusqu’à chez lui, et… « Salut, je m’appelle Kirsi, viens jouer chez nous ! » (Rires)

 Samu : Ouais, c’est comme ça que ça s’est fait. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre, et je me suis dit « bon, ben, essayons ! »

Ça s’est passé comme ça pour Jarkko aussi ?

Kirsi : Un des fils de Jarkko était en classe avec un des nôtres et quand ils ont eu huit ans, ils sont devenus copains. C’est comme ça qu’on s’est rencontrés car ils voulaient toujours venir jouer à la maison, un peu du genre « c’est bon ? Tu le garde, je le ramène à la maison ! » Nous sommes devenus amis sur Facebook, c’est comme ça qu’on a commencé à se connaître. À un moment, nous n’avions pas de bassiste, personne ne voulait jouer de la basse donc j’ai écrit sur facebook « si quelqu’un joue de la basse et veut un hobby… » et Jarkko répond deux minutes après : « Super, je joue de la basse, ça fait longtemps que je voulais être dans un groupe ! »

À votre avis, quel style définit le mieux votre musique ?

Samu : Nous venons tous de backgrounds musicaux différents. J’ai joué du Blues, du Rock Progressif, de la Folk, ce genre de musique… Puis, nous avons réalisé qu’on avait tous des goûts en commun quand nous avons joué toutes ces covers. Nous aimons jouer différents type de covers, des années 60 à… (cherche ses mots)

Kirsi : À nos jours. Du Punk, de la Pop contemporaine et beaucoup de Rock. On a découvert qu’on adorait jouer. Mais c’est un mix de tout, on n’ a pas envie de jouer quelque chose de trop « défini ».

Vous avez enregistré un album, vous vous sentez comment à l’approche de sa sortie, le 6 septembre ?

Kirsi : Oui, le 6 septembre. Ça a vraiment été une aventure excitante de créer ces chansons ensemble.

Samu : Au début de l’année on avait vraiment envie de repartir de zéro, ça n’était pas prévu depuis le début. Mais Riccati a commencé à composer des mélodies, et on a commencé à écrire des paroles, et puis je me suis mis aussi à composer des riffs et à les montrer, parce que je voyais quel style ça pourrait donner. Et donc, là, ça sonne comme du Punk Rock, et puis on a refait quelques covers.

Kirsi  Ylijoki

Kirsi Ylijoki (Chant lead)

Comment c’est passé l’enregistrement ?

Kirsi : C’était vraiment amusant et facile, d’une certaine façon. Nous avons eu un producteur vraiment super, Rake Eskolin qui voulait faire l’album avec nous. Il a écouté notre démo et nous a donné pleins de bonnes idées pour nos chansons, donc le boulot c’est super bien passé. C’était la première fois que j’enregistrais en studio et c’était également la première fois que je devais chanter mes propres paroles dans C&TV, avant ça je n’avais chanté que des reprises. Alors c’était vraiment une première fois pour moi. Je disais : “Oh je ne peux pas chanter ça, non, c’est nul” (rires) mais Rake m’a beaucoup donné confiance. C’est comme cela que ça c’est passé.

Samu : Mais il nous a tout de même laissé beaucoup de liberté.

Kirsi : Oui, une liberté, le sentiment que vous pouviez tout soumettre. Je vois ce que tu veux dire. “Ne te gêne pas” (rires)

Samu : Il a tiré le meilleur de nous.

Est-ce que la même personne a écrit les paroles et la musique, ou vous avez fait ça tous ensemble ?

Kirsi : Quand nous avons commencé, c’était assez rapide. J’avais écrit plein de petites choses différentes et ensuite quand Eicca a commencé à s’y mettre, tout à coup, il a composé beaucoup de chansons et les démos pour moi. C’était plutôt simple. Après ça, nous avons joué ensemble et à la fin du processus, Samu a apporté deux compos et nous les avons beaucoup aimées. Il y a aussi les paroles de Samu sur certaines autres chansons…

Samu : Ça s’est passé assez naturellement, chacun a apporté quelque chose.

Kirsi : Il y avait aussi quelques chansons, sur la démo qu’Eicca a fait, qui pouvaient sembler un peu Heavy… J’aime le Heavy vous savez, mais nous nous sommes dit que ce n’était pas ce que nous faisions.

Samu : C’était un peu du Black Sabbath ! (rires)

Kirsi : Donc nous avons commencé à donné une couleur à ce que Samu jouait par exemple… Ce n’est pas différent en soit mais on y ajoute une forme, une couleur etc. Donc, après ce changement, certaines chansons qui étaient Heavy ne le sont plus. Elles sont devenues tout à fait autre chose.

Samu : Mais il y a toujours certaines chansons qui sonnent un peu Heavy. Heavy old school, en tout cas.

J’ai vu sur facebook que la majorité de vos chansons étaient en Finnois, sauf “Highway”.

Kirsi : Et bien, le texte est également en Finnois, ce n’est que le titre qui est en anglais. Samu composait une chanson, puis j’ai écris les paroles en Finnois. Nous avions décidé de lui donner un titre en Finnois, mais…

Samu : Ce n’était qu’un titre, mais comme c’était une chanson très abrupte…

Kirsi : Comme faire 2000 km très très vite sur l’autoroute ! (les deux rient)

Samu (s’adressant à Kirsi) : Et je trouve que tu as très bien retranscrit ça dans les paroles. Elles sont très directes, comme quand tu prends l’autoroute. Mais en tout cas c’est en Finnois.

Kirsi : Ensuite nous avons changé le nom. Je crois que j’ai envie de garder “Highway”.

Samu : Oui, parce qu’on lui avait donné un titre en Finnois, mais “Highway” était mieux.

Jarkko Strengell (Basse)

Jarkko Strengell (Basse)

Concernant les paroles, vous voulez continuer en Finnois et ne pas écrire en Anglais ?

Kirsi : Oui, je le souhaite.

Vous avez collaboré avec Antti Hyyrynen sur vos deux derniers clips (“Sekaisin” et “Rautaa vai rakkauta”). Pourquoi l’avez vous choisi et comment en êtes vous arrivés à cela ?

Kirsi : J’ai découvert le groupe Stam1na il y a de ça à peu près neuf ans et après ça, j’ai commencé à beaucoup les écouter, à aller à leurs concerts. Très vite, le groupe et moi sommes devenus amis. Antti m’a demandé de jouer dans une de leur vidéos, parce que j’avais déjà joué dans plusieurs autres clips d’autres groupes, ou fait des choses du genre. Par la suite, nous avons beaucoup travaillé ensemble et après tout ça, nous étions si bons amis que c’était facile pour moi de lui demander de réaliser notre premier clip, car nous voulions le faire pour le plaisir, pour nous. C’est pour ça qu’on a choisi Antti. Et c’était aussi très naturel de choisir notre premier single pour ça, parce qu’on avait un peu d’appréhension : “Oh notre vieille chanson, on va faire ça avec Antti” (rires). Les autres membres du groupe l’ont rencontré il y a à peu près un an et ils s’entendent tous très bien. C’était très simple pour tout le monde. Ce n’est pas très facile de jouer devant les caméras.

Samu : On gardait la même équipe d’une vidéo à l’autre, donc on apprend à connaître les gens.

Kirsi : Oui, c’était un environnement familier.

Et je suppose que c’était amusant de travailler avec lui ?

Kirsi : Oui très ! Antti est la seule personne qui a vu mes paroles, qui les avait lues. J’avais vraiment peur mais il m’a dit : “Non, non je les aime !”

J’ai vu que vous avez un autre single qui sort aujourd’hui ? Et il y aura un clip avec Ville…

Kirsi : Ville Juurikkala oui, il a beaucoup travaillé avec Apocalyptica.

Alors, vous avez déjà tourné le clip ?

Kirsi : Oui, hier ! J’ai vu Ville juste avant de venir, il voulait me montrer les images, il avait tellement hâte de le tourner. Je l’ai vu rapidement. Comme on se connaît depuis environ six ans, je lui ai aussi demandé il y a quelque temps, quand nous avons décidé de faire notre propre musique : “tu veux tourner un clip pour nous ? ».

Durant vos concerts, vous jouez beaucoup de reprises. Comment les choisissez-vous ?

Kirsi : Et bien, nous avons écouté beaucoup de musique et il y avait beaucoup de chansons que nous n’avons pas commencé à répéter. Beaucoup que nous n’avons jamais jouées en live, seulement en répète et nous avons joué vraiment beaucoup.

Samu: Jouer certaines chansons en live nous aide à nous rendre compte des chansons que nous ne voulions pas faire, donc nous ne les faisons pas parce qu’on veut jouer ce que tout le monde veut.

Kirsi  Ylijoki (Chant lead, à gauche) et Eicca Toppinen (Batterie)

Kirsi Ylijoki (Chant lead, à gauche) et Eicca Toppinen (Batterie)

Vous jouez surtout dans les bars, comme aujourd’hui. Qu’est-ce que ça vous fait de commencer et qu’est-ce que ça vous apprend sur ce que Eicca a déjà vécu au long de sa carrière ?

Kirsi : Tu sais, je suis actrice, c’est mon « vrai » travail. Quand tu démarres quelque chose qui est vraiment une passion pour toi, le métier d’actrice pour moi, tout d’abord tu joues dans un petit théâtre, quelque part avec des amis avec qui tu as fait des études et puis tu deviens de plus en plus connue avec les planches, la télé et cetera… Alors, je pense que d’une certaine manière, c’est le même travail. C’est important une fois que tu es connue quelque part, que tu as fait de grandes choses en tant qu’actrice, joué sur la scène du Théâtre National très souvent et dans beaucoup d’endroits, en même temps de pouvoir me rendre dans un bar avec un acteur aujourd’hui et jouer une comédie pour deux, avec rien d’autre qu’une chaise. C’est important de faire plein de choses différentes, car il s’agit seulement de raconter des histoires, de donner des émotions et un sentiment de proximité. Tu sais, c’est très agréable et Eicca devrait répondre à ça également parce que nous avons tout fait ensemble. Nous sommes des adultes, nous n’avons plus de rêves à présent, car tout le monde a déjà sa propre carrière. Nous aimons vraiment tout ça et c’est génial d’être là ! Je ne sais pas si j’ai vraiment répondu à ta question… (Rires)

Ça ira !

Samu : je dois dire que c’est aussi un nouveau départ pour Eicca, car il a commencé la batterie, il a adoré ça dès le début. Il a eu la même progression que dans Apocalyptica.

Il vient d’un autre groupe…

Samu : Oui. Tu sais, c’est comme recommencer à zéro sur de toutes petites scènes. Peu importe d’où tu viens, tu dois travailler, beaucoup travailler et c’est c’est ce qu’on a fait ! (Rires)

Tu a expliqué être actrice. Quand es tu devenue chanteuse ?

Kirsi : C’était si… soudain. C’est arrivé ici, chez nous. C’est juste arrivé comme ça et c’est devenu ma passion, je n’avais rien prévu.

Samu : Peut-être que tu voulais un petit break du métier d’actrice, faire quelque chose d’un peu différent !

Kirsi : Oui, quelque chose de personnel et personne qui me dirait « fais ci » ou « fais ça », parce que quand tu es acteur, tu es toujours choisi pour jouer un certain rôle. Tu travaille tout le temps devant les gens. Quand tu répète une pièce au théâtre, il y a toujours le metteur en scène qui te regarde, puis le public arrive. Quand tu travaille à la télé, c’est tout le temps l’équipe au complet, il y a toujours une caméra et le public. Tout le monde t’observe tout le temps. J’ai fait ça pendant vingt ans, donc je voulais faite un break et m’amuser. (Rires)

Que préfère-tu, être actrice ou chanteuse ?

Kirsi : C’est un peu le même travail, tu sais. En quelque sorte, la base est la même, on veut raconter une histoire… C’est très difficile d’essayer d’expliquer ça en anglais ! (Rires) Il y a des questions très difficiles ! (Rires)

Samu : C’est très sympa de changer d’ambiance, de toute manière. Le mois dernier, nous avons donné un concert dans un théâtre dans l’ouest de la Finlande. C’était un peu la course, elle avait donné deux représentations dans la journée et on a enchaîné avec un concert le soir. Quelle journée !

En tant que chanteuse, quel chanteur  t’inspire le plus ?

Kirsi : Teeeeellement ! La plupart sont finlandais, vous savez… Ismo Alanko, Veli Antti Hyyrynen… Heuuu… Dave Grohl ! Je ne sais pas ! (Tous rient)

En quoi faire partie de ce groupe vous a changés ?

Kirsi : Et bien, en beaucoup de choses… C’est une carrière totalement différente pour moi et je n’avais jamais été avec les mêmes personnes, le même groupe, tout le temps. J’étais toujours avec des gens différents au théâtre ou à la télé. C’est la première fois que je fais partie du même groupe, juste ces trois personnes et moi. Nous avons évolué ensemble pendant toutes ces années. C’est donc vraiment une première. Et on apprend de nouvelles choses.

Samu : Bien sûr, ça me rend heureux de jouer dans différents endroits, très souvent. Je suis content qu’on ait tellement de concerts. Ça nous donne la chance de faire ce qu’on aime, parce que je peux jouer avec ce groupe et j’aime ça. Je suis très heureux de travailler avec eux.

Quel futur voyez-vous pour le groupe ?

Kirsi : La perspective est encore très bonne ! (Ils rient)

album

Lemmenpeitto – Single du groupe
(2013 – Inquisition Records & Sony Music Entertainment Finland Oy)

Qu’est-ce que ça fait d’être batteur ? De passer du violoncelle à la batterie ?

Eicca : C’est génial, très amusant. Bien sûr, c’est toujours chouette d’apprendre de nouvelles choses. Quand on a commencé à jouer, mes compétences de batteur n’étaient pas très bonnes mais à force de faire des concerts et d’apprendre les petits trucs… Ça devient très amusant. C’est aussi très différent d’Apocalyptica, tu sais, être toujours sur le devant de la scène. Les gens ont des attentes concernant les concerts d’Apocalyptica maintenant et c’est vraiment différent avec Cherry &The Vipers. On va juste à un endroit, la plupart des gens ne nous connaissent pas, viennent au concert et prennent leur pied. C’est très plaisant du coup.

Mais tu jouais de la batterie étant enfant ?

Eicca : Oui, un petit peu. Mais ensuite, je n’ai pas joué pendant presque dix, heuuu… vingt ans avant de créer ce groupe.

Vous aviez beaucoup à faire avec Apocalyptica cette année, avez-vous au moins eu le temps de vous reposer avec tous ces projets ?

Eicca : Le repos, je ne connais pas. Qu’est-ce que ça veut dire ? (rires) En fait, j’ai beaucoup travaillé. J’avais un ou deux mois de repos en automne [2012], j’ai commencé à composer pour le projet Wagner et C&TV au même moment mais en fait, c’est des vacances pour moi quand je n’ai pas besoin de voyager. C’est stressant de se dire « Bon, OK, maintenant je dois partir dans cinq jours et je dois faire ci et ça avant de partir, ensuite je vais revenir et devoir m’occuper d’autre chose ». Donc, c’était apaisant de pouvoir aménager mon emploi du temps selon les jours et les semaines… « Je ne sais pas, je ne veux pas travailler aujourd’hui, je le ferai demain »… Mais c’était agréable, les deux projets étaient vraiment intéressants. Wagner Reloaded a demandé beaucoup de travail, il y a beaucoup de musique. J’ai composé une heure de musique pour le projet. Mais c’était super d’écrire pour ce projet et pour Cherry & The Vipers au même moment, parce que c’est sympathique de passer d’un style à l’autre. Il y avait des jours où j’étais plus d’humeur à écrire pour le projet Wagner, d’autres pour Cherry & The Vipers, donc je trouve que ça a plutôt bien fonctionné. Au moment où je vous parle, je ne me sens pas très relaxé parce que j’ai été occupé tout le mois d’août, mais ça va, ça va.

Je suis allée au Wagner Reloaded personnellement…

Eicca (l’interrompant) : Oui, nous allons sortir un CD live. Pas du concert intégral, parce qu’on n’utilise pas vraiment les morceaux de Wagner. Vous savez, c’était difficile pour l’orchestre de s’accorder avec nous, il n’était pas aussi conséquent qu’un orchestre classique qui joue du Wagner, donc… Mais on va sortir toutes les chansons que j’ai composé pour le projet, toutes les nouveautés apocalyptiques, sur ce CD live en Novembre. Avec Apocalyptica, nous avons une autre date pour le Wagner Reloaded fin septembre (qui a été repoussée en Juin) et à peu près au même moment, nous allons commencer à discuter d’un nouvel album studio, à écrire des chansons et nous retrouver doucement.

Eicca Toppinen (Batterie)

Eicca Toppinen (Batterie)

Maintenant que tu joues de la batterie,  quel batteur t’inspire le plus ?

Eicca : Je ne suis pas habitué à avoir des idoles de ce genre… Il y a tellement de très bons batteurs. Mais bien sûr, en me basant sur ma propre expérience, je trouve que Dave Lombardo (ex Slayer, Grip Inc.) a toujours été un très grand professionnel. J’aime aussi Lars Ulrich (Metallica). Certaines personnes disent qu’il n’est pas très doué parce qu’il n’est pas toujours dans le tempo, mais j’aime sa façon de jouer. Il joue de la musique, pas juste de la batterie, il a une approche complètement différente et je pense que ma façon de jouer est aussi un peu plus proche de la sienne. Je ne suis pas très à cheval sur le tempo. Je ne m’entraîne pas, vous savez, je ne décide pas de la façon dont je vais jouer à l’avance. C’est toujours sur le moment, par rapport à ce que je ressens sur scène, aux vibrations que je reçois du public, je profite juste de l’instant. Mes batteurs préférés ne sont pas les plus techniques. J’aime ceux qui ont un style et un son originaux. Mikko Sirén (Apocalyptica, ex Megaphone) est bien entendu l’un de mes batteurs préférés. Vraiment, j’aime beaucoup son style, j’en suis fan depuis très longtemps. C’est génial qu’il soit capable de jouer dans un style que je peux reconnaître, quel que soit le groupe dans lequel il joue. Quand je l’entend, je me dis “Hey! C’est Mikko!”. C’est quelque chose pour un batteur, de créer une chose unique.

Et que pensez-vous des gens qui comparent Cherry & The Vipers et Apocalyptica ?

Eicca : Ce sont deux mondes différents, même si leur origine est la même : jouer de la musique. Jouer dans Cherry & The Vipers, c’est comme revenir aux racines, comme jouer dans de vieux bars, tout faire nous-même, conduire la voiture pour la tournée, tu vois. C’est assez drôle, on affiche complet pour tous nos concerts dans des petits bars et quand on s’y rend, c’est comme un retour aux sources, comme un groupe d’ados. J’ai aussi essayé de rester en retrait dans ce projet, pour ainsi dire, parce que je trouve que c’est plus le groupe de Kirsi. C’est elle le leader et je suis très heureux d’être seulement le batteur. Bien sûr, je peux m’occuper de tas de choses concrètes autour du groupe, mais je suis habitué à ça. C’est très agréable d’être en arrière-plan. Avec Apocalyptica, je suis toujours au premier-plan, en chef de file. Je m’occupe de la plupart des choses, pour lesquelles on a un schéma bien précis qui ne laisse pas la place à de gros changements, sauf pour la scène : c’est l’endroit où nous pouvons effectuer de rapides changements. Dans Cherry &The Vipers, nous sommes libres, nous pouvons faire ce que nous voulons, ce dont on a envie et on se fiche de ce que les autres en pensent. Et c’est super d’avoir une telle liberté.

Et vous l’avez toujours, car vous ne jouez qu’en Finlande.

Eicca : Oui, c’est tellement facile de partir en tournée. Nous allons quelque part, le lendemain nous rentrons chez nous, ou même dans la nuit, comme aujourd’hui. Nous n’avons pas beaucoup de concerts cet automne, seulement dans le sud de la Finlande. C’est si différent, c’est plus du genre : “hey, allons faire la fête et faire donner un concert”. Vous voyez, comme faire une fête le week-end tout en travaillant, mais on n’a pas l’impression qu’on travaille, en fait. En comparaison avec Apocalyptica, nous partons en tournée pendant trois semaines et c’est tous les jours la même routine, nous sommes sur la route, en bus, puis nous faisons des interviews, le réglage des balances et le concert. Ce qui est très plaisant aussi, mais il y a cette grande différence. Jouer dans Apocalyptica, c’est comme travailler dans une grande entreprise et travailler dans C&TV, c’est comme travailler dans une petite PME. Nous essayons de faire des choses neuves et dingues. Et c’est en fait ce que nous voulons retrouver avec Apocalyptica. Nous sommes en train de réfléchir au prochain album et on a décidé de n’écouter personne en dehors du groupe. Nous allons nous rassembler tous les quatre et parler de musique, écrire de la musique, jouer de la musique et c’est seulement quand on sera vraiment sûrs de ce qu’on veut faire et de comment l’album sonnera que nous en parlerons à d’autres personnes. Car dans le monde apocalyptique, il y a toujours beaucoup de monde qui veut être impliqué dans le processus, vous voyez. Ils te disent de faire ceci et ce style de chanson pour être diffusé à la radio et bla bla bla… Il y a trop de gens qui essaient d’être impliqués dans la partie créative. Maintenant, nous voulons reprendre entièrement le contrôle. On va virer tout le monde ! Ahahah je plaisante ! On fait simplement ce qu’on aime et si les autres aiment aussi, c’est très bien.

Aimeriez jouer autre part qu’en Finlande ?

Kirsi : Et bien, on n’a rien planifié mais un jour peut-être ! (Ils rient) Nous mettrons nos affaires dans la voiture et on conduira quelque part !

Quelque part en Scandinavie, peut-être ?

Kirsi : Peut-être, je ne sais pas. Peut-être en Estonie !

Eicca : Oui en Estonie, bien sûr, et en Russie ! Je pense qu’il y a plein d’endroits de par le monde dans lesquels faire de petits concerts. Il y a tellement de gens qui sont fans de la Finlande, ou qui aiment les groupes finlandais en général et aussi beaucoup qui se fichent de la langue. Il y en a qui se fichent du langage et tant mieux. Avec notre langue bizarre, nous n’allons pas rassembler un large public, mais il y aura toujours des endroits où aller avec notre petit van, donc on prendra de la bière, nous conduirons notre petite camionnette et on ira ici et là, on ira jouer dans les bars pour cinquante personnes et c’est fun ! C’est ça, le Rock’n Roll !

Et pourquoi pas en France ?

Kirsi : En France ? Oui pourquoi pas ! (Rires)

Eicca : Oui, oui !

Samu : (à l’interviewer) Tu viens de France ?

Oui et nous ne sommes pas très loin de la Finlande ! (Tous rient). Merci d’avoir pris le temps de répondre à mes questions et bon concert !

Interview réalisé au Virgin Oil Co. Club, Helsinki : Morgane L.G.

Transcription : Michelle Schoofs, Vordaï Mercier, Tatiana Kos et Claire Desoulle

Traduction : Vordaï Mercier et Tatiana Kos

Interview disponible en version multilingues :

Retrouvez le groupe sur facebook (Finnois / Anglais) ainsi que sur leur site officiel (Finnois).

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