Interview avec Myrath, le 18 mai 2013 à Annecy

Publié: 17 juin 2013 par elovite666 dans Interviews
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Voici une interview avec les membres de Myrath, notamment le guitariste Malek et le bassiste Anis (rapidement rejoints par Zaher et Kévin), quelques minutes avant leur entrée sur la scène du Brise Glace à Annecy le 18 mai. Vous allez très vite en apprendre plus sur leur musique et sur la passion qui les habite. Et vous constaterez très vite que tous vont mettre leur grain de sel dans cette interview.

Il y a quelques semaines, vous étiez au PPM. Comment avez-vous trouvé l’organisation et le festival en général ?

Anis : Super génial. Super bien organisé. Le son était bon sur scène ainsi que dans les retours. Tout était nickel, le public aussi. On a joué devant 2 000 personnes à peu près.

Aviez-vous déjà joué là-bas avant, ou était-ce votre première fois ?

Malek : Non, c’était la première. Et on est prêt à y retourner, car c’est une expérience à refaire. Car des festivals comme celui-ci, ça ne se rate pas.

Comment avez-vous ressenti le concert de Grenoble, il y a 3 jours ?

Anis : Personnellement, c’était assez familier. L’ambiance était familiale et chaleureuse. C’était vraiment super. Le son sur scène était bon, les conditions sont bonnes. Non, génial, rien à dire.

Malek : Non, c’était bien, il y avait une bonne ambiance. Le public était chaud. Nickel.

Comment vous est venue l’idée de faire asseoir tout le public, quand Clémentine vient chanter avec vous ?

Malek : Là c’est Zaher qui va te répondre.

Zaher : C’est une idée à Nidal, notre tour-manager et à Kévin.

Malek : On l’a aussi fait à Marseille.

Zaher : On l’a fait sur les deux dates et on va le faire sur cette date aussi.

Vous la connaissiez déjà ?

Anis : On la connaît depuis le clip « Under Siege ». Elle a chanté sur l’album et elle a fait une apparition sur la vidéo.

Zaher : Là, on s’est dit pourquoi ne pas faire un duo avec une chanteuse. On l’a appelé pour ces deux titres.

C’est un moment qui est quand même super émouvant. 

Zaher : Oui, c’est assez spécial. Car en général il y a que Myrath, Myrath, Myrath et cela donne une touche un peu romantique ou gothique car son look est un peu gothique, ce qui donne du charme pour le show en général. Même si c’est trop court.

Pourquoi faire asseoir tout le monde ?

Zaher : Parce que je me sens comme un dieu (rires). Ça, c’est l’attitude des chanteurs.

Malek : Non, parce que c’est une balade, comme cela tout le monde est tranquille et cela crée une ambiance différente. C’est pour ça que je le dis toujours: « Myrath ce n’est pas un groupe, c’est une famille ». On est là pour s’amuser. Nous restons naturels et on ne se la joue pas, genre blasé.

Comment vous est venue l’idée de mélanger votre musique traditionnelle orientale avec les sonorités du Metal ?

Malek : On est Tunisiens, c’est assez naturel.

Anis : L’idée est d’intégrer nos origines dans le Metal pour donner un air frais.

Malek : Le côté oriental, c’est vraiment tunisien, que ce soit au niveau des gammes ou des rythmes. C’est vraiment exploiter la musique tunisienne plus particulièrement, le tout mélangé au Metal.

D’autres groupes le font aussi, comme Ophraned Land.

Malek : Ce n’est pas tout à fait le même style. Eux sont plutôt dans l’Oriental un peu plus universel, si on peut dire. Nous sommes plus dans des gammes de Tunisie.

Par rapport à votre musique, comment êtes-vous perçu en Tunisie ?

Anis : Vis-à-vis de la communauté Metal ?

Même en règle générale ?

Anis : La communauté Metal est assez fière de nous. Vis-à-vis du public, il y a des gens qui apprécient.

Malek : Être le premier groupe de Metal en Tunisie (rire), à avoir dépassé les frontières pour jouer à l’extérieur de la Tunisie, ça crée deux sortes de gens : ceux qui sont vraiment fiers de toi et ceux qui sont jaloux et veulent te casser. Mais bien sûr, il y a plus de gens qui sont fiers que l’on soit, je crois, le premier groupe arabe connu internationalement. Voilà, c’est vraiment cool. Il y a plus de points positifs.

Y a-t-il d’autres groupes qui émergent en Tunisie ?

Anis : Oui, il y a des groupes qui ont fait 1 ou 2 albums et fait quelques pas. Mais ils n’ont pas vraiment réussi à s’expatrier en Europe ou à l’étranger. Car en Tunisie, il n’y a pas assez de maisons de disque et en fait, il n’y a pas de maisons de disque pour le Metal. Donc, pour que quelqu’un veuille exploiter ta musique, il faut faire quelque chose d’original pour percer.

En France, nous avons un peu le même problème.

Malek : Vous avez des maisons de disque. Là-bas (en Tunisie), la première chose à faire pour un groupe, c’est d’enregistrer mais comme il n’y pas de studios pour le Metal, c’est très difficile. (Petit délire : vous n’avez pas de chameaux mais vous avez des maisons de disque et nous c’est l’inverse, je vous laisserais chercher le rapport).

Tiens, et entre le concert de Grenoble et Marseille, qu’elle a été votre meilleure sensation ?

Zaher : Déjà Marseille, c’est un peu différent car notre premier concert, on l’a fait là-bas au Jazzrock aux Pennes-Mirabeau. Premier festival que nous avons fait, le Prog’Sud qui se passe vers Marseille.

Malek : C’est un petit festival et c’était notre toute première apparition en dehors de la Tunisie, ça fait plaisir de revenir et de revoir de nombreuses têtes. On a quelques amis et de la famille aussi.

Zaher : Sur Grenoble, c’était intéressant car c’était la première date. Ça nous a vraiment surpris pour notre première fois dans cette ville et ça m’a fait vraiment un grand honneur de jouer à Grenoble. Et si un jour, on nous demande de revenir, ça sera sans problème. On sentait que c’est pas un pays « nordique », tellement chaleureux, un grand merci au peuple de Grenoble.

Zaher : C’est vrai, ce serait génial, car entre Grenoble et Annecy, il y a 100 bornes donc j’ai peur que la moitié soit venue sur Grenoble. Donc ils ne vont pas forcément venir ici.

Sur un de vos derniers clips « Merciless Time », j’avoue que j’ai découvert Myrath en regardant cette excellente vidéo. Dans quelles conditions l’avez-vous tourné ?

Zaher : C’était un clip à petit budget, on l’a tourné sur la côte Est tunisienne, près de chez moi. C’était près d’un aéroport. Le plus grand aéroport au nord de l’Afrique. Il y avait un endroit qui se rapprochait un peu du désert tunisien et avec le montage, j’ai essayé faire en sorte qu’il paraisse comme du désert. On a tourné la partie, où l’on voit les instruments dans un hangar.

Malek : On a failli mourir…

Zaher : Oui, c’était une usine de métal, il y avait une multiprise qui a pris feu juste parce que c’est un endroit où il y a beaucoup de choses inflammables pour souder le métal, des bouteilles d’oxygène, de kérosène. Il y avait du courant et le plastique à pris feu dans la multiprise. Quand j’ai vu le feu juste derrière Elyes et Anis, je suis allé prendre une bouteille d’eau pour en renverser dessus. Mais c’est un feu, et là Kévin me dit : « Stop, il y a de l’électricité ! » et il y avait aussi du gaz. Alors nous avions les trois conjugué : du feu, de l’électricité et du gaz.

Kévin (s’adressant à Zaher) : Tu parles du clip ? On a failli mourir 15 fois là-bas !

Zaher : Il me dit : « arrête il y a de l’électricité et du gros, mais il y avait aussi du gaz »

Kévin : Oui, il y avait 60 litres de méthane. J’étais tétanisé.

Il vous a fallu combien de temps pour le tourner ?

Kévin : Toute une nuit. On devait commencer à 20h et on a dû commencer vers 3h du matin à cause des problèmes d’électricité. On a du finir vers 7h.

Anis : C’était un ramadan.

Kévin : C’était une bonne expérience.

Anis : Le clip, le tournage, le montage a été fait par le groupe et spécialement par Zaher.

Kévin : Malek a fait le montage aussi.

Anis : C’est un fait maison.

Zaher : C’est l’œil qui fait la différence et la touche de Malek sur le montage.

Sur la tournée, à Grenoble vous avez joué 11 titres. Allez vous en jouer plus aujourd’hui ?

Zaher : Non, ça va être la même setlist.

Comment ça se décide la longueur des setlists ?

Zaher : C’est selon le temps proposé par les salles. Après, c’est à nous de déterminer le nombre et le choix des chansons à jouer.

Comment fait-on pour choisir plus une chanson qu’une autre ?

Zaher : On choisit une quinzaine de chansons au cas où l’on doit jouer les 15 titres, selon le temps proposé par les salles.

Kévin : Je crois que la question était plutôt : pourquoi en enlever une plutôt qu’une autre ? C’est un choix dynamique. Si tu as une setlist d’une heure, il y a des enchaînements de morceaux qui vont être plus cohérents que l’enchaînement avec d’autres morceaux. Par exemple, des morceaux passent mieux dans une setlist courte que des morceaux un peu plus longs et plus progressifs qui sont mieux amenés dans une setlist longue où nous avons une dynamique qui peut être plus fluide dans le temps. Un set d’une heure, c’est court et tu as besoin d’une dynamique rapide avec des morceaux qui envoient plus. Moins de mi-tempo, plus de morceaux speed, etc… C’est un choix de dynamisme, comment peut réagir le public, tout simplement. C’est aussi en fonction de ce qui fonctionne. Tu fait 3, 4, 5, 6 concerts, il y a certains morceaux où les gens sont très enjoués dessus et d’autre moins donc forcément, sur une setlist courte tu vas privilégier le morceau qui est mieux passé au niveau du public. C’est aussi par ton expérience scénique que tu détermines si le morceau va marcher ou pas. Finalement, cela se fait très facilement et en toute logique, sans calculer quoi que ce soit. Ce sont des choix assez faciles à faire.

Voulez-vous dire un petit mot pour les gens qui vous supporte ?

Kévin : J’avais un truc à dire dessus, les trois dates en France. C’est la première fois que Myrath joue en tête d’affiche dans des salles comme celle-là. C’est un bon moyen de prendre la température sur la fanbase grossissante qui est en France. Pour nous, c’est un moyen de voir qu’il y a énormément de progrès depuis le début qui s’est fait rapidement avec une agrégation de fans de plus en plus énorme chaque jour. Et ça nous fait super plaisir. Car on sait que si on continue à donner aux fanx de la bonne qualité, des morceaux faits avec le cœur et avec beaucoup de travail, dans très peu de temps il y aura plus de monde, quelque chose qui croîtra, des salles plus grosses… C’était un vrai risque de faire trois dates en tête d’affiche parce qu’au début quand tu montes un groupe, le plus important c’est de faire des premières parties pour essayer de drainer et de capitaliser sur les fans de la tête d’affiche. Tu fais ça et progressivement, tu commences à avoir de plus en plus de fans. Et tu te dis que c’est génial quand c’est nous, en tant que Myrath, que nous allons pouvoir remplir une salle à nous seuls. Je pense que les trois dates ont été une preuve du travail effectué ses dernières années. C’est super positif pour nous.

Il faut que les gens continuent à venir et à nous soutenir.

Retranscription par ELOVITE

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