Interview avec Joe Amore et Matthieu Asselberghs – Nightmare (PPM en Belgique) le 14/04/2013

Publié: 9 mai 2013 par elovite666 dans Interviews
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Voici pour vous, chers lecteurs et chères lectrices, une petite interview en compagnie de Joe Amore et de Matthieu Asselberghs du groupe Nightmare, après leur passage sur scène au PPM.

·         Quelles sont vos impressions à chaud ?

Joe Amore : À chaud ? Le public était très respectif et très… Vraiment, il nous a communiqué beaucoup de plaisir et c’est vrai que quand on est sur scène, avoir une réponse aussi …

Matthieu Asselberghs : Ça nous porte énormément.

Joe Amore : Voilà, du coup, je pense que ça a décuplé notre plaisir sur scène.

Matthieu Asselbergs : On se surpasse encore mieux.

Joe Amore : Nous sommes très contents de ce que l’on a fait et surtout de la réponse du public qui était vraiment génial, ravis à 300 pour cent.

·         Y a-t-il une véritable différence entre jouer sur une petite et sur une grande scène ?

M (s’adressant à Joe) : Je fais la petite tu fais la grande ou l’inverse…

J : Non, on va  parler tous les deux. On peut prendre beaucoup de plaisir sur une petite scène, mais quand il y a beaucoup de monde sur une grande scène ça décuple aussi. Mais sur les petites scènes, on a des souvenirs de petites dates avec 100, 200 personnes qui sont supers. On prend autant de plaisir, ce n’est pas la taille de la scène, c’est surtout la réponse du public. La petite scène, c’est plus sympa parce que les gens sont plus proches, on communique peut être un peu plus. Il y a moins cet espace de 2/3 mètres avec le public.

M : Je n’ai rien à rajouter, il a tout dit.

J : Oui, ça c’est l’expérience.

·         Pour vous, plus petite ou grande ?

J : Une grande scène, j’avoue que moi ça me…

M : C’est plus confortable de toute façon au niveau son.

J : Au niveau écoute, on s’entend mieux.

M : Par rapport à une petite, tu es pris en charge dés le début à un niveau professionnel.

J : Grande scène c’est mieux, c’est chouette pour les conditions, il y a des serviettes, à boire et puis il y a le son sur scène.

M : Il y a de la place…

J : C’est plus confortable.

·         Ça doit être deux sensations totalement différentes ?

J : Tout à fait, l’autre c’est plus intimiste par définition, mais c’est pas désagréable.

·         Pour rester dans la partie live, dans quelques semaines vous allez jouer au Full Métal Cruise

M : Oui exact, pour l’escale du Havre.

·         Comment vous y êtes-vous préparés ?

J : On va se préparer (rires).

M : Alors est-ce que tu sais le set que l’on va faire ou pas ?

(Non pas encore)

M : En fait, ça va être un truc spécial : on va faire un tribute Dio, en reprenant des morceaux de Black Sabbath période Dio… Ça va être un show spécial en hommage à Dio avec certains guests.

J : On profite de la présence…

M : De tous les artistes.

J : Pour faire quelque chose d’un peu unique.

M : Familial.

·         Après, vous allez tourner avec Circle II Circle, vous les connaissez ?

J : Oui, on va tourner ensembles dans 2 ou 3 semaines. On les connaît un petit peu pour les avoir déjà croisés sur des fests. Ils sont très très sympas et d’ailleurs les contacts sont bons, je pense que l’on va passer du bon temps. Car c’est des gars très simples comme on les aime. Rock N Roll !

M : Qui se prennent pas la tête et qui restent eux-même, quoiqu’il se soit passé dans leur carrière avec des hauts et des bas.

J : Ce sont des gens cool et je pense que l’on va vraiment prendre du bon temps et ça va être sympa de jouer en ouverture pour eux.

·         Et le 1er juin, c’est Grenoble.

M : Oui, en plus on joue à la maison.

J : Là, à Grenoble, on joue en tête d’affiche à la maison. C’est la petite récompense, ça va envoyer !

·        Yes, on attend avec impatience. Petite question un peu différente : y–a–t-il une réelle différence entre le public français et étranger ?

M (s’adressant à Joe) : Je te laisse parler.

J : J’avoue que Nightmare, on a la particularité, je pense, d’avoir une reconnaissance plus grande à l’étranger qu’en France. En France, je ne dis pas qu’on a toujours eu du mal à s’imposer mais il y a des courants musicaux qui sont plus en « forme » et où il y a plus de fans que ce que l’on fait. Du coup, on est relégué un peu au second plan. Tu vois ? À l’étranger, notamment en Allemagne, en Belgique, maintenant on commence à avoir un public, on s’en rend compte. Dans les pays de l’Est (la Hongrie, la République tchèque) à chaque fois qu’on joue là-bas, les gens font l’effort de nous connaître et connaissent nos morceaux. On a une reconnaissance plus importante à l’étranger qu’en France. Et ce n’est pas faute d’essayer de jouer en France mais c’est un peu dur, car ce n’est pas toujours facile.

·         Ça peut être comparé à Scorpions, sur ce qu’ils ont vécu en Allemagne ?

J : Oui, c’est ce qu’ils ont vécu pendant très longtemps, ils avaient une grosse reconnaissance à l’étranger et chez eux tout le monde préférait les Anglais. Et nous c’est pareil, on part avec un handicap quasiment en étant Français en France. Si tu veux ne serait-ce que pour aller jouer dans des grands festivals en France, il faut baisser le « calebar ». Il faut ramer, c’est incroyable… Alors qu’il y a des grands festivals en France.

M : Je pense aussi qu’il y a pas mal de…

J : On est relégué en ouverture (le midi, le matin à 10h) et ça, c’est un peu dommage quoi. On a pas choisi notre style de musique pour correspondre à une vague. Nous faisons la musique que nous aimons donc, on accepte cette position-là, surtout qu’on nous le rend bien autre part.

·         Justement pour parler de Nightmare, la première fois que je vous ai vu en live, c’était pour le Full Metal Contest, il y a deux ans au Ménuires avec Born From Pain et Crucified Barbara

J : Ah oui ! Les Crucified Barbara, qu’est ce qu’elles étaient…

Pour savoir, qu’avez vous pensé de ce Fest ?

J : Oui, quand on est arrivé aux Ménuires. Déjà, juste le lieu était unique et on s’est dit « il n’y aura personne », car du métal en montagne et qui plus est en station, ce n’est pas le public. Puis en fin de compte, il y a eu des spectateurs et ce fût une belle soirée où l’on s’est fait plaisir, en plus il avait du monde. C’était sympa et en France en plus. Non vraiment génial, ce fût une bonne surprise, car c’était très étonnant de venir jouer du métal en station, ce n’est pas tout à fait le public et on ne s’y attend pas.

Avec la dématérialisation des albums, comment vous voyez l’avenir de la musique ?

M : Comment je le vois ? En étant de la jeune génération, je dirais qu’effectivement on ne peut plus compter sur la vente des albums pour ne serait-ce que manger ou faire autre chose comme il y a 30 ans. Ça, c’est clair et c’est un fait. Après je pense qu’il y a vraiment un marché à développer sur le net via les réseaux sociaux et aussi toutes les plateformes de téléchargements légales : iTunes, spotify… Qui ramène de l’argent aux artistes, il faut le savoir. Je pense qu’il faut vraiment se baser là-dessus. Après, effectivement, il y a deux types de personnes :

– les gens qui vont se dire : je suis matérialiste, j’ai besoin d’un cd, j’ai besoin de sentir la jaquette. Par exemple, certains sortent encore des vinyles : Amon Amarth, Crystal Viper… éditent toujours des vinyles, car c’est l’objet, le truc unique.

J : Ça restera, ça reste restreint mais c’est gens-là on tout le plaisir de nous acheter des albums en concert au merch ou des petits objets, des tee-shirts… Je pense qu’il ne faut pas louper la mutation, car le CD est en train de mourir et il ne faut pas louper le coche. J’espère justement qu’on va pas le louper car nous subissons aussi comme les autres groupes, on n’a pas une démarche qui est très originale mais on est d’accord sur le principe qu’il y ait une transformation et qu’il ne faut pas se planter. Donc on va mettre l’accent sur d’autres points comme le merch, la valeur de l’objet mais de façon plus intimiste parce qu’on va pas en vendre 250 000. Par contre, ce sera principalement pour des gens matérialistes, c’est justement eux qui vont venir nous voir en concert. Donc la scène devrait être plus reconnue, que l’artiste soit un peu plus rémunéré et mis en valeur lors de son passage sur scène. Car justement le CD ne rapporte plus ce que ça rapportait avant. Après on ne fait pas que de la musique pour rentrer de la tune, sinon on ferait autre chose car il y a des professions qui rapportent plus d’argent. On reste dans le plaisir mais il ne faut pas louper le coche sur ce changement et on est assez clairs là-dessus : on a envie de réagir avant d’être vraiment en danger.

Justement, tout à l’heure, tu as annoncé une chanson du nouvel album et part rapport à ça, comment vois-tu le futur des prochains albums ?

J : Il y aura toujours un Cd, l’album il sera là. Il sera toujours disponible en vente mais on sait qu’au lieu d’en presser 10 000, on va en presser 1 000/2 000 qui s’écouleront plus lentement qu’auparavant. On les vendra au merch lors des concerts, car pour nous c’est plus intéressant. Peut-être qu’il faut se poser la question par rapport à ça, mais l’album existera toujours même pour nous, car on a besoin de la matière. Pour ma part, avoir tout sur une clé, ça m’intéresse pas.

M : Je suis assez d’accord, après je pense que par rapport…

J : Parce que l’album, il draine autre chose. (S’adressant à Matthieu) Excuse-moi, j’avais une idée et comme j’en ai rarement, il fallait que je le dise avant d’oublier (rires). Le Cd, c’est le support de la pochette, du logo et c’est vrai que si on dématérialise trop, on perd ce côté-là. Après, ça permet de fixer les choses et on a besoin de ça en tant que musicien.

M : Non, ce que je voulais dire, c’est effectivement que je ne pense pas que le Cd va se casser la gueule dans 5 ans. C’est quelque chose qui va rester au moins encore une dizaine d’années, c’est sûr, ça va moins se vendre mais du jour au lendemain on ne va pas ne plus sortir de Cd. Donc on continuera à sortir des albums sur Cd.

J : On a besoin de ça en plus.

M : La musique, c’est une question de timing.

J : Nous aurons vécu de sacrées différences : le vinyle en plein essor, l’arrivée de la cassette qui à tué le vinyle (c’était la radio cassette au départ) puis après le Cd a pris le pas. Là, n’en parlons pas quand ils ont sorti les Cd vierges gravables, c’était la misère. Mais on est toujours là. On se fait toujours plaisir, on a toujours des fans et le groupe tient quand même son avenir dans ses mains, ce n’est pas … Il faut suivre l’évolution de la musique. Nightmare, c’est un bon exemple de groupe qui suit le truc sans être en décalage. Car on a justement vécu toutes ces périodes.

·        J’ai une petite question pour Matthieu. Quand tu as rejoint Nightmare, quelle a été ta réaction lorsque tu as joué avec eux la première fois (premier concert/première répète) ?

M : C’est simple, je suis arrivé en répète, ça c’est bien passé. C’est vrai que j’étais un peu stressé mais c’est important d’avoir du stress, car cela permet de te surpasser. Du coup la première répète c’est bien passé, ça a fait mouche direct (du moins c’est que j’ai ressenti). Joe n’était pas là. Mais tous les autres avaient l’air d’être satisfaits. Et pour le premier concert, c’était assez spécial car ils ont fait une passade, c’est-à-dire il y avait JC qui faisait tout le concert et je faisais trois morceaux à la fin. Il y a vraiment eu une passation.

J : On a annoncé ça comme ça, mais c’est vrai que c’était sympa.

M : Du coup, gros stress parce que tu te dis : « il faut assurer derrière ». Parce JC ce n’est pas non plus n’importe qui à la gratte. Mais ça l’a bien fait.

·         Une dernière question. Voulez-vous dire un petit mot à tous ceux qui vous soutiennent ?

J : Continuez à nous soutenir. Parce que nous avons besoin d’eux pour leur communiquer du plaisir et qu’il n’y a pas de musique sans plaisir. Nous sommes contents quand nous voyons les gens satisfait, heureux, souriants…

M : Je n’ai pas grand-chose à dire de plus. Mais venir à nos concerts est la plus belle chose qu’on puisse faire aujourd’hui puisque l’on parlait de la dématérialisation. Plus il y a de monde à nos concerts, plus nous sommes heureux.

J : Qu’ils viennent aux concerts et nous rencontrer.

ELOVITE

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