Metal Fest Volume 2, le 4 mai 2013 à Prissé (Saône Et Loire)

Publié: 8 mai 2013 par metalkouni dans Lives Reports
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C’est au bout d’une heure de route, en compagnie du « The World Is Yours » de Motörhead, que j’arrive dans le village de Prissé, à quelques kilomètres de Mâcon. Dans cette paisible bourgade de 1 700 âmes, je m’apprête à déguster les bons vins de Bourgogne le cru 2013 du Metal Fest Volume 2, organisé par l’association Hard N’ Rock. Sur la carte de cet évènement : FODT, Psygnosis, Back To Reality, Drift, After’s End Shock et Crowling. Le menu s’avère délicieux… tout comme cette bouteille d’ailleurs…

Crowling

Premier groupe à fouler les planches de la salle des fêtes communale aux alentours de 19 heures, Crowling se prépare à relever un gros défi. En effet, quelques jours auparavant, la chanteuse du groupe a décidé de quitter ses compagnons de jeu. Par conséquent, c’est Sly, le guitariste-vocaliste qui devra se charger du chant principal. Bien que je n’ai jamais entendu, ni vu cette chanteuse, je peux affirmer que Sly s’en sort avec les honneurs. Usant d’une voix grave la plupart du temps, alternant parfois avec un chant clair, Sly parvient à donner consistance aux morceaux très Heavy Thrash de la formation avignonnaise. Les compositions sont très pêchues mais malheureusement, le son est assez mauvais et nous avons du mal à distinguer les deux guitares par moments. La batterie subit le même désagrément, notamment au niveau des cymbales qui s’entendent à peine. Le bassiste s’en sort bien, avec un son net et claquant typique des Fender.

Crowling s’autorisera une reprise peu commune avec « The Wicker Man » d’Iron Maiden. Parfaitement exécutée, à part un léger loupé sur le dernier refrain, les Avignonnais rendent un bel hommage à l’institution du Heavy Metal britannique. La formation à l’air de prendre du plaisir malgré les difficultés et le peu d’expérience du second guitariste, irréprochable, ne vient pas ternir un set sans grands défauts. Crowling quittera la scène sous les applaudissements au bout de trois quarts d’heure de jeu. Un groupe à revoir dans de meilleures conditions.

 

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After End’s Shock

Après un rapide changement de plateau, le groupe de Hardcore After End’s Shock monte sur la scène. Chose plutôt surprenante dans le milieu du Hardcore, Stef (chant) porte un T-Shirt arborant le logo Justin Bridou (en fait un maillot de l’équipe de foot lyonnaise) et use de l’autodérision. L’ambiance est posée ! Mais très vite, le groupe originaire de Bourg-en-Bresse passe aux choses sérieuses en nous envoyant du gros Hardcore droit dans nos tympans. Hélas, si l’énergie et l’envie sont bien au rendez-vous, le son ne l’est toujours pas. La batterie est une nouvelle fois mise en retrait et même si le batteur frappe fortement ses cymbales et toms, nous ne les entendons pas ! Même constat pour la basse, sous mixée. Quel dommage que la section rythmique soit absente alors que les guitares, elles, sont bien mises en avant mais manquent encore de clarté. Ce qui s’avère être également le cas pour la voix de Stef, pas toujours très audible sauf quand ce dernier monte dans les aigus. Comme pour Crowling, le groupe est motivé, présent et communicatif mais le mixage ruine la prestation. Cela dit, les compositions sont plutôt recherchés et nous avons droit à du Hardcore efficace et puissant. Là aussi, After End’s Shock mériterait d’être revu dans un contexte plus favorable.

 

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Drift HxC

Alors là, attention ! Si c’est rare que j’encense un groupe ; laissant ça à mes collègues chroniqueurs Prinny, Noisyness et AbFoRs ; je ne peux toutefois m’empêcher de vous dire deDRIFT-20130504-025 surveiller de très près Drift HxC. Pourquoi ? Tout simplement parce que ces Mâconnais nous ont mis une énorme gifle. Celle qui vous pique la joue et laisse une marque rouge pendant plusieurs heures. Il s’agit là d’un groupe extrêmement motivé, talentueux et soudé. Il est même rare de voir une telle cohésion dans un groupe, pour tout vous dire. Aucun musicien n’est seul sur scène, aucun ne joue dans son coin, chacun regarde les autres et joue avec les autres. Le résultat : une musique particulièrement bien interprétée et une énergie palpable à chaque note jouée. D’autant que le son est (enfin) bien réglé, nous permettant d’apprécier chaque riff. Les morceaux sont percutants, recherchés et les riffs toujours bien trouvés.

Souvent, dans le Hardcore, on s’attend à entendre plus ou moins la même chose. Ce n’est pas le cas avec Drift HxC qui fait preuve d’originalité. Son chanteur, Chris, possède en plus d’un organe vocale efficace, une « gueule » capable de fédérer un public. Il fait un peu penser à Phil Anselmo (Down, Superjoint Ritual, ex-Pantera) de par son physique et son jeu de scène. Mais le reste du groupe ne s’appuie pas uniquement sur Chris. Aymeric (guitare), Mag (basse), Gonz (guitare) et John (batterie) se donnent à 200% pour faire bouger le public et nous mettre K.O. Force est d’admettre qu’ils y sont parvenus ! Pour preuve : c’est Drift qui aura provoqué les premiers pogos du festival ! En descendant de scène, les musiciens sont exténués mais ravis de nous avoir mis une telle claque. J’attends avec impatience leur premier album, en cours d’écriture, pour faire durer ce plaisir. Nous ne manquerons pas de le chroniquer et vous le faire découvrir. En attendant, je vous conseille de guetter la moindre occasion d’aller les voir.

 

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Back To Reality

BACKTOREALITY-20130504-011Restons encore un peu dans le Hardcore avec le groupe Back To Reality, venu de Nevers. Jouant un Hardcore plus sombre que Drift HxC, BTR dispose d’un répertoire lui aussi très énergique et fédérateur. Xavier chante avec beaucoup de justesse tandis que ses camarades exécutent riffs et solos bourrins. Le set est relativement court mais très intense car là aussi des pogos vont démarrer dans la fosse. Le quintet communique bien avec le public et ne cesse de bouger sur la scène, comme ces moments où les cinq musiciens accompliront de concert le « pas Hardcore ». De nouveau, le son est bon et chaque instrument trouve sa place dans les compositions riches et fortes. Très consciencieux dans leurs jeux, on ne relève ni pins, ni fausses notes. Un jeu carré et efficace, en somme. Très applaudis par les spectateurs, Back To Reality laissent leur place au groupe suivant, Psygnosis.

 

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Psygnosis

Changement total d’horizon musical. Cette fois, nous allons écouter le Metal Extreme Atmosphérique des Mâconnais de Psygnosis. D’entrée, l’ambiance est posée au niveau des lumières avec l’extinction pure et simple de tous les projecteurs, hormis ceux du fond, générant ainsi une atmosphère très sombre. Sur fond bleu et noir, le groupe entame son set devant une fosse bien remplie. La musique de Psygnosis est assez pesante. Parfois un peu dérangeante avec ces samples diffusant des dialogues de films noirs sortis de leur contexte. Seulement, trop d’effets tuent les effets et certains spectateurs se plaindront de la longueur des « intermèdes » samplés. Musicalement, les morceaux du groupe sont assez variés et techniques. Bien sûr, ce style particulier ne plaira pas à tout le monde et il est assez difficile d’entrer dans l’univers de Psygnosis. Autre fait surprenant, il n’y a pas de batteur. Afin de pallier à cette absence, le groupe a choisi de recourir à des patterns de batterie samplés. Étrange de prime abord, il faut reconnaître que cela ne nuit guère au jeu, car le placement de chaque musicien est impeccable sur cette batterie « électronique ». Malgré les nombreux appels de Yohan (chant), le public ne se bougera pas une seule fois mais les applaudissements seront toutefois sincères à la fin de chaque titre. Les musiciens sont plutôt statiques mais la technicité des morceaux en est certainement la cause. Impossible de vraiment le leur reprocher, d’autant qu’ils jouent très bien et sont servis par une balance excellente. La basse de Jeremy, très claquante, est bien mise en avant, dynamisant ainsi les quelques riffs bien rentre-dedans. Une expérience musicale particulière qui s’adresse à un public bien ciblé. En ce qui me concerne, je n’ai pas accroché comme une partie du public. Ce qui n’enlève absolument rien au talent de ces musiciens, bien sûr. À vous de vous faire votre propre opinion.

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FODT

Horror Metal. Registre musical un peu en marge mais à l’univers si unique et fascinant. Autrefois, c’est Rob Zombie, Alice Cooper et, dans une moindre mesure, Marilyn Manson qui auront donné leurs lettres de noblesse à ce style. FODT sont leur dignes héritiers. Oui, je me suis permis de comparer ce jeune groupe à de si grands noms. Parce que le groupe mâconnais possède ce petit quelque chose qui les différencie du reste des autres formations. Et je ne parle pas seulement des costumes très recherchés artistiquement que porte chaque membre de la formation dérangée.

Très originaux pour tout ce qui touche musique et paroles, les FODT vont être les seuls à faire chanter leurs textes par le public, manifestement très partisans du groupe. Le quintetFODT-20130504-023 monte sur scène en silence, chacun prenant sa place et restant immobile. Derrière les fûts, Sweeney martèle ses toms sur un rythme guerrier, annonçant ainsi la déferlante qui va nous tomber dessus. Soudainement, les deux guitaristes masqués, Dante et Nigma, embrayent sur des riffs tranchants tandis que Doom donne de violents coups de médiator sur sa basse Fender à cinq cordes. Enfin, Butcher le chanteur-boucher, se met à cracher ses paroles, narrant des histoires d’horreur et de sang, où le grand-guignolesque se mêle à nos peurs les plus profondes (« Oppressor »). Rarement un groupe n’avait réussi à me prendre aux tripes. FODT joue avec nos angoisses et on en redemande ! D’énormes pogos seront maintes fois lancés dans la fosse, allant jusqu’à repousser les barrières contre la scène.

FODT-20130504-016Si Butcher et Nigma prennent des poses parfois « kitsches », ça fonctionne toujours autant et cela participe au spectacle d’horreur. Une réelle cohésion existe entre les musiciens, renforçant ainsi la puissance de leur musique. Dante et Nigma s’échangeront leurs guitares respectives en plein milieu d’un morceau pendant que Doom headbang à s’en dévisser les cervicales. Au fond de la scène, Sweeney massacre son kit avec une énergie débordante, sans aucun temps mort, à part lorsqu’elle quitte sa place pour descendre dans la fosse afin de préparer un gigantesque wall of death. Les spectateurs s’entrechoqueront férocement avant d’enchainer sur un pogo de toute beauté. Le public, aux anges et en sueur, demandera un rappel. FODT nous exaucera en rejouant le brûlot « Oppressor ». Butcher descendra dans la fosse et se placera au beau milieu des spectateurs pour chanter et nous menacer avec son micro-couteau. Le couvre-feu approche et FODT doit nous quitter. Le temps de nous saluer une dernière fois et le groupe range les couteaux et tombe les masques. Bon sang, quel concert !

 

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Pour sa deuxième édition, le Metal Fest aura enregistré un beau score de fréquentation mais mériterait d’être bien plus connu, au vu du professionnalisme des membres de l’association Hard N’ Rock. Ne doutons pas qu’avec une organisation et une affiche de telle qualité, leurs efforts seront récompensés. Le rendez-vous est d’ores et déjà pris pour l’année prochaine !

Un grand merci aux groupes et bien évidemment aux membres de Hard N’ Rock !

Kouni

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commentaires
  1. Carla Viot dit :

    Dommage qu’ils ne soient que 4 dans Psygnosis en fait, et aucune évocation de la batterie absente sur scène ?

  2. virginie dit :

    super chronique, j’étais là et franchement moi, j’ai pas du tout accrochée le groupe de « metal » sans batteur … ca sentait pas l’authenticité…

    • Tim dit :

      Qu’est-ce qui est le plus authentique ? Un énième ersatz de Madball ou Agnostic Front ? Un clone de Slipknot jusqu’à l’attirail masqué ? Un copier/coller d’Emmure ? Ou un groupe qui sort de l’ordinaire en proposant un truc à contre-courant ? Je me le demande ?

  3. magflyette dit :

    L’idée du hn’r metalfest est justement de varier les styles de la famille « metal »… après il en faut pour tous les goûts. Que des groupes amateurs soient identifiés à des groupes pro qui les inspirent n’est pas surprenant. Après il faut tout de même considérer que depuis plusieurs décennies déjà aucun groupe amateur (et malheureusement peu de pro) ne peut se targuer d’offrir à son public une originalité innovante. Black Sabbath était un groupe original et authentique mais c’était en 1970…
    Le réel problème aujourd’hui est de donner envie aux gens de venir aux concerts, seuls ceux qui se déplacent peuvent juger. On n’aime ou on n’aime pas mais au moins on y était !

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