Melting Rock, avec Doberman Crew, Forest Pookie, Raz’ Rockette, (K)yriakos, Singapour Bungalow, Jesus On The Moon et Alea. St Jean de Bournay, samedi 2 février 2013.

Publié: 5 février 2013 par metalkouni dans Lives Reports

Chaque année en février, l’association nord-iséroise Jaspir organise le Melting Rock, un festival proposant une demi douzaine de groupes avec un leitmotiv : l’éclectisme. Ce soir, la salle Claire Delage est partagée en deux scènes, une petite et une grande afin de permettre un enchaînement rapide des groupes. Cette édition 2013 ne fera pas exception et nous auront encore de la qualité.

ALEA

La soirée débute avec le groupe Alea sur la petite scène. Ce quatuor assez énergique va permettre aux premiers spectateurs de se chauffer avec les riffs rock-punk et des paroles vindicatives. Le chanteur, très impliqué dans l’interprétation de ses textes, fait des allers retours entre la scène et la fosse pour se retrouver au plus près du public, encore un peu timide. Les morceaux s’enchaînent vite et sont toujours introduits par une courte séquence électro. L’ambiance est posée et il faut reconnaître qu’on rentre bien dans leur univers. Des compositions riches et originales avec un chanteur très à l’aise et charismatique, ce groupe rempli à merveille son rôle d’ouvreur.

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JESUS ON THE MOON

Changement radical de style musical. Nous quittons les rockeurs d’Alea pour découvrir un nouveau quatuor œuvrant dans le rock progressif. Ce groupe fait dans l’originalité et ce, à plusieurs égards. D’abord la présence d’un saxophoniste, instrument peu présent dans le monde du rock. Mais ce qui va dérouter les spectateurs ainsi que votre serviteur, ce sont surtout les discours du saxophoniste en question. Se donnant des airs de prophète, il récite quelques poèmes et passages littéraires que je ne serais pas capable de reconnaître et de vous citer (moi et la poésie, hein bon…). À la fin de la citation, le groupe entame un long instrumental (il y en aura deux en tout) très technique et très aérien. Les deux guitaristes jouent des partitions alambiquées tandis que le saxophoniste pose son instrument quelques secondes pour utiliser d’autres instruments plus inhabituels. Au bout du compte, nous avons droit à des interprétations très calées et complexes, ouvrant sur un monde mystique mais peu accessible pour la majorité du public qui reste dubitatif. Toutefois, le groupe recevra un accueil chaleureux et fera office d’ovni dans la programmation de la soirée. Palme d’or de l’originalité et de la surprise attribuée sans concessions à Jesus On The Moon.

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SINGAPOUR BUNGALOW

Un petit séjour en camping près de Singapour ça vous tente ? Comment ça non ? Vous avez tort car ce trio va faire remonter le thermomètre de la salle après l’accalmie de Jesus On The Moon. D’entrée de jeu, nous sommes pris dans un déluge de notes et d’énergie. Les compositions de Singapour Bungalow se situent dans le rock alternatif avec une petite incursion dans le punk simple et efficace. À ceci près que le groupe a cherché l’originalité et ne se contente pas des habituels accords basiques que l’on peut entendre dans la grande majorité des groupes de ce mouvement rock. Les paroles, chantées dans notre langue par le guitariste Aurélien sont fédératrices et le rythme est très entraînant. Quelques spectateurs, maintenant bien chauds, feront un pogo quelques rangs derrière. Le public adhère et le groupe fait son maximum pour hypnotiser les visiteurs. À commencer par Pika, le bassiste qui tel un certain Angus Young, se déchaînera à la moindre occasion. Sauts, headbanging, grimaces, le quatre cordiste ne s’arrête jamais et met le feu de son côté. À la batterie, Alexis maintient un rythme soutenu et exécute des patterns très groovy. Le trio est parfaitement carré et la bonne humeur est bien présente sur scène. Dans la fosse également car un soutien-gorge non identifié sera jeté aux pieds de Pika par une spectatrice inconnue (ou un spectateur, allez savoir…). Pika récupère le dit sous vêtement, fait mine de le sentir et le rejette dans la fosse. Le set continue, le groupe enchaîne les titres et les blagues. Le public réclamera une dernière chanson et Singapour Bungalow remonte sur les planches une ultime fois avant de laisser s’exprimer le prochain groupe.

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(K)YRIAKOS

Groupe ardéchois d’origine grecque, (K)yriakos est une réunion de punks assez barrés. Fait inhérent à ce style musical, les compositions sont rapides et directes avec la guitare nette et tranchante de Jo et la basse bien ronflante de Laurent. La batterie percutante de Steph va ébranler la fosse qui va se donner à un circle-pit bien bourrin. Le set est énergique mais je suis obligé de quitter ma place, délogé par la frénésie de quelques keupons un peu trop joyeux dirais-je… Musicalement, les compositions ne prônent pas vraiment l’innovation mais restent efficaces. Le public ne s’arrête pas à cette analyse et s’éclate sur chaque titre. Quelques slammers feront leur apparition, mettant enfin un peu de folie dans la soirée. Un bon moment en attendant le prochain groupe, dont un ami m’assure qu’il vaut le coup. Je vais vite comprendre pourquoi…

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RAZ’ ROCKETTE

Trio composé uniquement de filles, les Raz’Rockette vont nous interpréter leur hard rock teinté de pop sur la petite scène. Bien disposé à l’égard des groupes 100% féminin depuis la découverte de Crucified Barbara, j’attend avec intérêt le début du set. Et bien j’ai pas été déçu ! Ces filles savent jouer et composer avec beaucoup de talent et d’originalité. Ça envoie du bois dés le début avec « 6/8 » et ça n’arrêtera pas jusqu’à la fin du set. Le public (principalement composé de mecs) n’aura de cesse d’encourager et d’applaudir le trio et fera aussi preuve de respect (comprendre qu’on n’entend pas de « à poooiiiiil !!! »). Les filles se donnent à fond et exécutent à merveille leurs morceaux gorgés d’énergie et mélodiques à la fois. À la vue des nombreux sourires affichés par les musiciennes, les rockeuses sont heureuses d’être là ce soir, sans parler de la complicité évidente entre elles. Cassandre, la bassiste-vocaliste, possède une voix claire qu’elle sait parfaitement moduler pour nous emporter. Le chant est juste et aérien,  légèrement pop, maîtrisé et beau tout comme les lignes de basses, très clinquantes et percutantes. Derrière ses fûts, Noé fait preuve de régularité et joue des partitions bien pêchues. De son côté, Mélanie, exécute des riffs de guitare assez recherchés et réalise plusieurs bons solos, sans omettre le fait qu’elle chante également très bien. On est pris dans l’engrenage et le public semble beaucoup apprécier les compositions rafraîchissantes du combo féminin. L’humour est également présent car Mélanie annonce la prochaine chanson « spécialement dédiée aux mecs pour mieux comprendre les filles ». Hélas, les paroles étant en anglais, nous ne sommes pas plus avancés… Malheureusement, « Impossible Dream » marque la fin de leur set et suite à un dernier rappel réclamé par le public, les Raz’Rockette nous quittent, provisoirement on l’espère, pour nous laisser assister au concert des Doberman Crew sur la scène principale. Sans conteste un des meilleurs concerts de la soirée de par une interprétation irréprochable malgré quelques soucis de balance en début de set, vite résolus heureusement pour nous laisser apprécier cette bonne bouffée d’air frais. À revoir au plus vite !

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DOBERMAN CREW

Ceux d’entre vous qui ont lu mon article sur la soirée « La Caillette est une ordure« , auront compris que les Doberman Crew ont mis un sacré bordel dans la salle, hélas peu remplie ce soir là. Aujourd’hui, la salle est pleine et les Doberman vont une nouvelle fois être lâchés dans le public. La lumière s’estompe, une intro aux notes électro retentit doucement dans les enceintes, les musiciens se mettent en place et soudain… Keefran, le chanteur, surgit, saute sur scène et se déchaîne littéralement. Le groupe est de retour à St Jean de Bournay pour tout démolir et mettra un point d’honneur d’y parvenir avec son mélange de hardcore, de punk et de hip hop. À peine les premières mesures sont jouées qu’un énorme circle-pit démarre dans la fosse. Tellement violent que je suis projeté sur une malheureuse spectatrice assise devant moi pour finir par me vautrer sur les retours. Les autres photographes tentent de protéger leur matériel et leur intégrité physique du mieux qu’ils peuvent face à ce déferlement de testostérone. Keefran se marre, crache ses paroles et encourage le public à sortir le grand jeu. En parlant de ça, le groupe est en grande forme et réalise un sans faute dans l’exécution des morceaux.  Le mixage est parfait, de même que l’éclairage, nous permettant de nous régaler de ce concert. Débordant d’énergie et de rage, les puissantes compositions du quatuor soulève la salle sans problème. Décidément, ce groupe est taillé pour la scène et connaît bien son rôle d’amuseur public. Ou plutôt de créateur de bordel en voyant celui qui se produit en plein milieu de la salle pendant le brûlot « Walk Or Die« . Le set, ponctué de quelques courtes séquences électro, monte en puissance pour culminer sur « Longue Vie« , où pendant un court instant, Keefran ira slammer dans le public. Si le chanteur fait office de dynamo humaine, ses lieutenants ne sont pas en restes et assurent leurs parties avec brio. La basse pleine d’attaque et la guitare bien grasse et puissante rajoute encore du mordant aux paroles et le batteur se charge d’enfoncer un clou déjà bien installé à grands coups de baguettes. À chaque chanson, les Doberman mordent et ça fait mal ! Ou beaucoup de bien car des groupes de cette qualité là, on aimerait bien en voir un peu plus souvent. Les spectateurs sont finalement K.O. et applaudissent à tout rompre la prestation époustouflante du groupe. Les Doberman quittent la scène en ayant remporté haut la main les suffrages du public. Je le dis et le répète, si vous ne l’avez pas encore fait, arrangez-vous pour aller les découvrir, ça en vaut largement la peine !

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FOREST POOKY

Après les tempêtes de Raz Rockette et Doberman Crew, les organisateurs ont choisis de terminer ce festival avec une accalmie bienvenue. Forest Pooky s’installe sur la petite scène, branche sa guitare électro-acoustique et se présente comme celui qui est chargé de clôturer les concerts de Doberman Crew. La salle s’est un peu vidée, les rockers furieux sont partis se réhydrater à la buvette et les quelques survivants restent pour écouter le set apaisant de Forest Pooky. On peut relever certaines influences comme Tracy Chapman ou encore John Butler Trio dans le jeu de ce musicien. Loin d’être désagréable à l’oreille, les mélodies de ses compositions sont variées et belles. Idéal pour terminer calmement la soirée que l’on vient de vivre, on se quitte sur les envolées guitaristiques d’un musicien talentueux.

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Une fois de plus, Jaspir nous a concocté une très belle affiche, composée de valeurs sûres, de jeunes talents prometteurs et de véritables surprises. On se donne bien sûr rendez-vous pour le prochain Melting Rock.

Un grand merci aux bénévoles et aux membres de Jaspir, aux groupes, roadies et techniciens et bravo à la cuisine et à la buvette pour avoir ravitaillé autant de personnes avec beaucoup d’efficacité.

Je vous invite à découvrir ces groupes via les liens suivants, en cliquant sur leurs noms : Singapour Bungalow, Raz Rockette, Jesus On The Moon, Forest Pooky, Doberman Crew. Bonne écoute et à bientôt !

METAL KOUNI

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