Eryn Non Dae – Meliora

Publié: 23 novembre 2012 par Noisyness dans Chroniques Albums

Genre: « Eryn Non Dae. »         ©2012

Nom d’un chien, mais que se passe-t-il? Est-ce l’annonce de la fin du monde le 21 décembre qui pousse les groupes français à donner le meilleur d’eux-même en cette année 2012? Entre les groupes de la Klonosphère, Gojira, l’ultime album de Manimal et Meliora, il n’est plus question d’aller voir ailleurs si nos oreilles y sont. Les Toulousains avaient déjà placé la barre très haut avec Hydra Lernaïa (2009) et ses influences Meshuggah sans parler d’énième suiveur avide d’arythmie mais il faut avouer que cette fois-ci, l’objectif de la baffe dans la gueule a été atteint. Du changement, il y en a, et pourtant il est facile de reconnaître le prestige propre à Eryn Non Dae. qui se veut renforcé par une orientation musicale toujours plus personnelle. L’aspect mathématique a laissé encore plus de place aux ambiances torturées et aux « air passages » que savent si bien réaliser les maîtres Isis ou Neurosis ou certains groupes de post-rock en général.

La première chose qui fascine sur Meliora est sa pochette intrigante, réalisée d’une main d’orfèvre par le bassiste Micka. Sobre, légèrement effacée et colorée par la violence du couple noir/rouge, elle représente parfaitement l’état d’esprit d’un tel disque. Côté production, exit le tape-à-l’oeil (qui n’a d’ailleurs jamais vraiment existé) pour un son ultra-sobre mais toujours aussi puissant. En vérité, il est surprenant de voir à quel point le groupe a changé quand on le connait bien, que ce soit le chant de Mathieu, plus hardcore, ou les rythmes plus lents. Mais pour un fan de post-hardcore complètement barré, il s’agit d’une bénédiction. Dire que cet album sonne à l’identique du début à la fin relève d’une terrible ignorance. Des morceaux à rallonge comme « Chrysalis », « The Great Downfall » et « Black Obsidian Pyre » alternent gros riffs mémorables et passages tristes, un peu comme le faisait Slint au début des 90’s. D’autres titres accélèrent le rythme avec des breaks incessants (« Scarlet Rising », « Ignitus » et « Muto », qui rappelle légèrement les premiers Gojira), renvoyant quelque part au précédent opus sans jamais parler de redite. « Hidden Lotus » s’occupe de réunir tous les ingrédients des six autres morceaux pour un final de toute beauté, le pied absolu!

Ce n’est surement pas très objectif, mais que voulez-vous voir améliorer chez Eryn Non Dae.? Le métalleux lambda s’emmerdera certainement face à une musique aussi riche et difficilement accessible, c’est donc à chacun de voir au-delà des frontières du metal. Les Toulousains font une musique qu’on ne prendra pas la peine de classer, ce serait presque une insulte face à ce raz-de-marée d’influences et de magie. Voilà pour le blabla, maintenant silence et savourez Meliora à tête reposée.

P.S: Strictement (dé)conseillé aux gens mal dans leur peau.

Noisyness.

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