Cradle of Fith – The Manticore and Other Horrors

Publié: 4 novembre 2012 par Noisyness dans Chroniques Albums

Genre: black symphonique          ©2012

Thornography 2: The Manticore and other Horrors?

Cradle of Filth est un groupe que l’on peut vraiment classer parmi les groupes « on aime ou on aime pas », du moins depuis une certaine période que l’on peut situer après Cruelty And The Beast , mais là encore les avis divergent car ils ont entre-temps sorti d’autres albums pour le moins honnêtes comme Damnation And A Day laissant entrer Cradle of Filth pleinement dans l’ère du « Black » Metal symphonique, ou plus récemment Godspeed On The Devil Thunder, un autre de leur concept-album retraçant la vie du sinistre Gilles de Rais et qui joue pleinement sur un contraste équilibré entre ombre et lumière.
Bien entendu d’autres albums ont fait entendre parler d’eux, Nymphetamine en devant avec un côté esthétique assez prononcé et pas franchement mauvais sur l’ensemble de l’album, et son successeur sans succès Thornography plus dans une optique Heavy/Thrash avec des titres peu désagréable mais au fond un album peu inspiré.  Mais Dani Filth est certainement un homme qui aime prendre des risques puisqu’il annonçait pour leur dernier album des inspirations purement Punk et NWOBHM, un Thornography n°2 ?

Après un très dispensable Midnight in the Labyrinth dont on en cherche encore l’intérêt et qui succédait à un Darkly Darkly Venus Aversa assez vite oublié, Dani Filth and Friends n’ont pas vraiment tardé pour sortir leur dernier album intitulé The Manticore and Other Horrors. Ceux à quoi on fut souvent habitué avec Cradle of Filth, c’est l’instabilité de son line up car ici le groupe se restreint à seulement trois membres : Dani Filth (sans blague ?), Paul Allender et Martin Skaroupka. Un peu à la manière d’un contrat frauduleux il nous faudra lire les petites lignes pour connaitre les autres artistes crédités à savoir Daniel Firth, connu pour avoir collaboré avec le groupe Brutal Death Man Must Die, à la basse, crédités également Lucy Atkins et Will Graney respectivement choriste et orchestrateur sur l’album.

Visuellement, la pochette n’est pas terrible, pour ne pas dire très moche, second plan passe encore mais ce personnage féminin central est réellement raté, posture provocante, combi latex très SM le tout avec un visage qui semble dire « Ah t’aime ça les gonzesses en tenue affriolante, tu verras que y’a pas qu’aux ailes que j’ai le feu ! », bref bien loin de la représentation de la Manticore, lion ailé avec une queue de serpent. L’intérieur de la pochette est sans surprise, atmosphère glauque, tenues improbable, mention spéciale pour Skaroupka et son mord très tendance, un livret dans la lignée de tous les autres du groupe.

Passons donc au contenu musical, et là surprise un vrai titre d’introduction bien mieux fichu qu’en pseudo début de The Cult of Venus Aversa du précédent opus, près de deux minutes de musique orchestrale progressive et sombre, malheureusement il ne fait pas de pont le titre suivant The Abhorrent. D’entrée l’album montre un côté Thrash sur fond orchestral et parait moins brutal et rentre dedans que son prédécesseur. Au risque même de me faire lyncher, sans les orchestrations et musicalement on penserait presque avoir du Kreator dernière période dans les oreilles et c’est un connaisseur des deux partis qui vous le dit, même s’ils y gardent fortement leur identité. Les titres ont chacun une entrée différente mais se révèlent dans le fond assez similaire. Le groupe avait d’ores et déjà présenté trois des titres au public, For your Vulgar Delectation et Manticore sous la forme de lyrics vidéos très à la mode en ce moment en matière de promotion ainsi que Frost on Her Pillow lui sous forme de clip, dans le genre Belle au Bois Dormant qui tombe dans un sommeil éternel après s’être piqué le doigt et fait tourmenter par un sorcier vaudou avant de se faire violer par un minotaure, un poil confus tout ça…
Huge Onix Wings Behind Despair nous titille l’oreille avec son introduction légèrement électro mais regagne assez vite son atmosphère de l’album, dommage cela aurait pu faire de lui un titre ovni, histoire de changer un peu le reste de l’album, qui plus est en plein milieu.
Pour ceux qui possèderont l’édition Deluxe, deux titres viendront se greffer dans l’album et non pas en dernier titres comme chez la plupart des autres groupes, Nightmare of Either Drinker et Death the Great Aventure se situes entre Succumb to this, seul titre où l’on entend clairement un chant féminin en dehors des chœurs il faut dire que Cradle of Filth a eu tendance ces dernières années à le mettre trop en avant, et Sinfonia, titre outro entièrement instrumental qui conclue l’album du plus effet.

En conclusion, un album pas franchement mauvais mais qui a tendance à tourner en rond, ce dont Cradle of Filth nous a habitués depuis longtemps, si un album possède une optique propre il y a peu de chance qu’un titre sorte du lot. Toutefois l’album reste appréciable et un poil en retrait de Thornography que l’on craignait en être une simple copie, sans pour autant être une surprise.
Au fur et à mesure dans l’album on cherche les influences NWOBHM promises par Dani Filth, on y trouve en effet quelques petits riffing mais le tout est principalement  plus « Thrash ».
Un contenu qui semble en fait jongler sur trois albums, Thornography pour son côté speed/thrash, Godspeed On The Devil Thunder avec un contenu que l’on pourrait qualifier d’assez lumineux, et Darkly Darkly Venus Aversa qui montrait une nouvelle approche des orchestrations un peu plus synthétiques.
The Manticore and Other Horrors relève donc le défi même si sans réinventer le genre Cradle of Filth semble épurer un peu tout ce qu’ils ont pu faire auparavant, l’écoute reste tout de même plus accessible que Darkly Darkly Venus Aversa mais pas non plus inspiré.
Une chose est sure, il risque une nouvelle fois de faire entendre parler de lui, mais cela n’empéchera pas Dani Filth de composer de nouveaux albums même si cela le conduit à piocher dans toute sa discographie, mais peut être avant cela devrait-il avec Temple Of The Black Moon (avec Robb Caggiano, King Of Hell et John Tempesta), sortir un album concret pour montrer qu’il sait faire autre chose que du Cradle of Filth.

15/20.

AbFoRs.

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